Un projet pilote né d’une demande des étudiant.es, des difficultés de tri au lancement, et une campagne de communication qui les a levées. Ce que l’université en retire, et ce que cela apprend à tout campus.
Crédit photo : Maurice De Meulaere, Service Communication UFR3S.
L’université de Lille s’engage dans un Plan de Transition Énergétique qui inclut la réduction de son empreinte carbone, notamment par celle de ses déchets. Easy to Compost accompagne le campus UFR3S dans un projet pilote de compostage des déchets alimentaires.
Les restes alimentaires des étudiant.es et du personnel relèvent des déchets dits « hôteliers », dont une part est vouée à l’incinération. Les détourner vers le compostage, c’est autant de matière qui ne brûle plus.
Le composteur du pôle formation a été installé à la demande des étudiant.es du campus. Le projet n’est pas descendu d’une direction, il est monté du terrain.
Julien Thévenet, ingénieur en biologie dans l’unité 1190 « Recherche Translationnelle sur le diabète », porte le projet au niveau du département de Médecine. Un dispositif de tri sans porteur nommé reste une intention.
Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets s’impose à tous les producteurs, sans seuil de tonnage. Un établissement d’enseignement supérieur est concerné au même titre qu’un commerce.
Le compostage répond ainsi à deux objectifs à la fois : l’empreinte carbone inscrite au plan de l’université, et l’obligation de trier à la source. Notre approche pour les collectivités et l’enseignement →
Avec les composteurs, nous réduisons la part des déchets dits « hôteliers » voués à l’incinération. L’objectif est d’étendre le dispositif à l’ensemble du campus.
Les premières semaines ont révélé des difficultés de tri. Un composteur en accès libre reçoit ce que les usagers y mettent : sans consigne visible et répétée, les erreurs arrivent vite.
Le matériel seul ne produit pas un bon tri.
Affichage sur site, newsletter, communication via les associations étudiantes. Trois canaux menés ensemble, parce qu’une communauté universitaire se compose de populations qui ne lisent pas les mêmes supports.
Trois canaux, et non un message unique à la livraison.
La campagne a permis la bonne utilisation des composteurs. En récompense, le compost généré sera utilisé dans les massifs du campus, voire distribué.
La bonne utilisation s’obtient, elle ne se suppose pas.

Crédit photo : Maurice De Meulaere, Service Communication UFR3S.
C’est l’enseignement principal de ce déploiement, et le porteur du projet le formule sans détour. Le composteur est la partie simple. Ce qui décide du résultat, c’est ce qui se passe autour de lui.
L’utilisation des composteurs est maintenant comprise, la prise en main est simple. Pour une efficacité assurée, la communication est indissociable de l’achat du composteur
Le dispositif s’appuie sur une personne référente identifiée côté personnel. C’est un point déterminant dans l’enseignement supérieur : les promotions se renouvellent chaque année, le personnel non. La mémoire du dispositif se loge là.
Les associations étudiantes ont servi de canal de diffusion, et des étudiant.es volontaires participent à l’activité de compostage. Une consigne portée par des pairs se transmet mieux qu’une affiche seule.
Affichage, newsletter, associations : la communication n’a pas été un lancement, elle est devenue un entretien. Sur un site dont une partie de la population change tous les ans, c’est ce qui tient la qualité du tri dans la durée.
Nous en avons tiré une méthode générale, valable au-delà de l’université : embarquer les équipes dans le tri des biodéchets → · ce que les moins de 25 ans attendent d’un établissement →
Depuis le 1er janvier 2024, l’article L. 541-21-1 du code de l’environnement impose le tri à la source des biodéchets à tous les producteurs, publics comme privés, sans aucun seuil de tonnage : c’est la loi 2020-105, dite loi AGEC, qui a supprimé le dernier seuil. Le biodéchet est défini à l’article L. 541-1-1. Une université est donc concernée au même titre qu’un commerce de centre-ville.
Le défaut de tri constitue une contravention de 4e classe au titre de l’article R. 541-78 : 750 € pour une personne physique, 3 750 € pour une personne morale. S’y ajoutent une amende administrative pouvant atteindre 150 000 € (article L. 541-3) et, au pénal, 150 000 € et 4 ans d’emprisonnement (article L. 541-46).
Aucun matériel ne met un établissement en règle à lui seul. La conformité se joue au tri quotidien, donc exactement là où le campus UFR3S a porté son effort après le lancement.
Ce que dit la loi, en détailCuve close en acier de 2 mm, 450 litres, environ 1 m² au sol, fabriquée dans notre atelier picard, livrée montée et posée à proximité des bâtiments. Elle ne se branche pas : aucune électricité, aucune eau, aucun génie civil, donc aucune intervention sur le patrimoine universitaire.
Affichage sur site, newsletter, relais des associations étudiantes. C’est l’étape que le campus UFR3S désigne comme déterminante, et celle qui a été renforcée après les difficultés du lancement.
Les restes vont directement dans les composteurs installés à proximité des bâtiments. Pas de détour par un local poubelle, pas de trajet à travers le campus : c’est ce qui rend le geste tenable.
Une part de matière sèche équilibre l’humidité des restes, et la vis de brassage s’actionne à la manivelle, à la main. La cheminée d’aération brevetée fait le reste toute seule, par tirage naturel et en continu.
Il se récupère à la pelle, seau au pied du composteur, et repart dans les massifs du campus et au pied des arbres fruitiers. Une personne référente et des étudiant.es volontaires assurent cette étape.
Le déroulé complet du service → · La fiche du composteur ABC →

Crédit photo : Maurice De Meulaere, Service Communication UFR3S.
Le compost produit à partir des restes alimentaires enrichit le sol des nouveaux espaces verts aménagés au sein du campus et nourrit les arbres fruitiers. La boucle est aussi courte que possible : la matière ne sort jamais du site.
Ça ne demande pas de travail et en voyant la vie dans le compost, ça nous a conforté dans le bon choix que nous avons fait
Le compost enrichit le sol des nouveaux espaces verts aménagés sur le campus et nourrit les arbres fruitiers. Il pourra aussi être distribué.
Une personne référente au sein du personnel et des étudiant.es volontaires participent à cette activité de compostage et à des projets de jardinage participatif. Le composteur devient un support pédagogique autant qu’un équipement de tri.
La collecte du compost est une option de notre offre, pas une obligation. Puisque la matière est valorisée sur place, elle ne s’applique pas ici : rien ne quitte le campus, aucun trajet n’est à comptabiliser.
Un composteur peut aussi être ceinturé d’une jardinière circulaire de 2 000 litres pour planter directement autour : le jardin composteur → · où ils sont installés →

Crédit photo : Maurice De Meulaere, Service Communication UFR3S.
Voici ce que donne un gisement de ce volume dans notre grille actuelle. Les chiffres sortent du calculateur, comme votre devis en ligne.
800 sur 1 500 kg de capacité annuelle utilisée
Un gisement de ce volume tient donc dans un seul composteur, avec de la marge. Le campus UFR3S en compte plusieurs, répartis à proximité des bâtiments : sur un campus, le critère de dimensionnement n’est pas le tonnage total, c’est le nombre de points où les restes se produisent.
Total79 € HT/mois
Location, engagement 48 mois. Le calcul complet : 79 € × 12 = 948 € HT sur l’année, pour 800 kg triés, soit environ 1,19 € HT par kilo détourné de l’incinération.
En option Si le compost devait quitter le site, notre grille placerait un gisement de 800 kg entre 4 et 6 passages par an, à 10 € HT par passage annuel, soit +40 à +60 € HT par mois, et un total de 119 à 139 € HT. Ce n’est pas le cas ici.
Chiffrer mon propre campusLa méthode complète de dimensionnement, ratios de gisement et seuils compris : dimensionner son composteur → · calculer son gisement →
Le dispositif décrit ici est un projet pilote, conduit au niveau du département de Médecine. L’extension à l’ensemble du campus est un objectif énoncé par le porteur du projet, pas un fait acquis : nous ne la présentons donc pas comme réalisée, et nous mettrons cette page à jour quand elle le sera.
Trois choses ne sont pas chiffrées ici, parce que l’université ne les a pas communiquées : le nombre exact de composteurs installés, l’économie budgétaire face à l’incinération, et le nombre d’usagers concernés. Les seuls chiffres de ce déploiement sont les 800 kg compostés par an et les plus de 140 kg de CO2 évités, tous deux établis par l’université elle-même. Nous ne les convertissons pas en équivalents parlants : ce sont des mesures, pas des arguments.
Pour la méthode générale applicable à un campus, ratios de gisement et grille tarifaire compris, deux dossiers vont plus loin : le compostage universitaire dans la métropole lilloise → et celui ci-dessous.
Biodéchets sur un campus, la méthode complète
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