Cheveux, poils, ongles au compost : oui, riches en azote, lents
Un cheveu est de la kératine, une protéine que peu de micro-organismes savent attaquer. Il se composte pourtant, et apporte plus d’azote que la plupart des épluchures.

Oui, dispersés
Les cheveux et les poils sont composés de kératine, une protéine fibreuse riche en azote (environ 15 % de leur masse), avec un rapport carbone/azote autour de 10. Ils se compostent, mais lentement, parce que la kératine est réticulée par des ponts soufrés que seuls certains champignons et bactéries dégradent : comptez six mois à deux ans selon l’humidité et la chaleur du compost. Entre-temps, ils ne nuisent pas. Le seul problème pratique est leur tendance à former des paquets feutrés qui restent secs au centre : on les disperse en poignées et on les mouille.
Cheveux de brosse, poils de tonte du chien, rognures d’ongles, plumes : au compost, éparpillés dans la masse et humidifiés. Jamais en paquet compact.
Colorés, traités, animaux
Les cheveux colorés ou décolorés portent des résidus de colorants et d’oxydants en très faible quantité, qui se dégradent au compost ; à l’échelle d’un ménage, aucune conséquence. Les poils d’animaux, chien, chat, cheval, mouton, se compostent de la même façon et sont souvent plus doux. La laine brute est de la kératine aussi, très lente, mais un excellent structurant qui retient l’eau : les tapis de laine non traités se compostent en un à deux ans. Les plumes sont plus rapides que les cheveux. Les ongles sont dans le même cas que les cheveux, en quantité infime.
Salons de coiffure et toiletteurs
Un salon de coiffure produit plusieurs kilos de cheveux par semaine, un toiletteur autant de poils. Ce gisement est sec, très azoté et très lent : seul, il ne se composte pas bien, en paquet il feutre. Mélangé à des biodéchets de cuisine humides et à de la matière brune, il devient un apport d’azote de qualité. Des filières récupèrent aussi les cheveux de salons pour en faire des boudins absorbants d’hydrocarbures ou des paillages. Pour un salon qui voudrait composter sur place, la réponse est un composteur partagé avec un site qui produit des déchets humides, et l’audit gratuit évalue si le gisement s’y prête.
Questions fréquentes
Les cheveux colorés vont-ils au compost ?
Oui. Les résidus de coloration sont infimes et se dégradent. On évite seulement un apport massif de cheveux traités chimiquement.
Combien de temps un cheveu met-il à se composter ?
Six mois à deux ans selon le compost. Dispersé et humide, il va plus vite ; en paquet sec, il reste.
Les cheveux repoussent-ils les limaces ou les chevreuils ?
Un peu, en barrière fraîche, par l’odeur. L’effet disparaît en quelques jours de pluie. Au compost, ils n’ont pas ce rôle.
La laine se composte-t-elle ?
La laine brute, oui, lentement, et elle retient bien l’eau. La laine traitée (mitée, teinte, mélangée à du synthétique) va au recyclage textile.
Par où commencer
Cheveux, coquilles d’œufs, litières : les apports inattendus du compost ont chacun leur logique. La fiche coquilles d’œufs et la fiche litière traitent des deux autres, et le tableau de A à Z les résume en une ligne.
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