Melon et pastèque au compost : oui, mais c’est surtout de l’eau
Une pastèque de quatre kilos, c’est trois litres et demi d’eau et quelques centaines de grammes de fibres. Le compost s’en accommode, à condition de le savoir.

Le problème de l’été
Les écorces de melon et de pastèque arrivent en juillet et en août, quand les bioseaux sont pleins de fruits et que les moucherons pondent en vingt-quatre heures. Elles sont sucrées, elles sont humides, elles sont volumineuses. Un compost de jardin qui reçoit trois pastèques en une semaine se retrouve avec une couche détrempée qui fermente et sent le vinaigre. Rien de grave, rien de rare, et tout se corrige avec de la matière sèche.
Écorces, chair abîmée et pépins vont au compost. On les coupe en lanières, on les mélange à du carton déchiré ou à de la matière sèche, et on couvre. Le compost fait le reste en un cycle.
Ce qui se passe dans le tas
L’écorce est fibreuse et pauvre en azote, avec un rapport carbone/azote autour de 35 à 40 : en soi, elle pencherait plutôt du côté brun. Mais son eau change tout. Au-delà de 65 % d’humidité, les espaces entre les particules se remplissent, l’oxygène ne circule plus, et le compost passe en anaérobie. C’est pourquoi un apport massif de cucurbitacées fait descendre la température et monter l’odeur. La chair et le jus sont en plus riches en sucres simples, l’aliment préféré des levures et des drosophiles. Les pépins, eux, sont inoffensifs ; ils germent parfois au printemps dans le compost mûr, ce qui amuse plus que ça ne gêne.
Le geste, chez soi et en cuisine
Chez soi, on coupe les écorces en lanières ou en cubes, on les enfouit avec l’équivalent en volume de matière sèche, et on ferme le couvercle. Au bureau ou en restauration, la question devient une question de rythme : un bar à salades d’été vide plusieurs kilos d’écorces par jour. Sur les sites que nous équipons, le dosage de matière sèche est majoré sur juin-septembre pour les gisements de fruits, et le brassage à la vis hache les écorces et les mêle à la masse, ce qui règle l’humidité et la ponte d’un même passage. Un bioseau fermé et vidé chaque jour fait le reste contre les moucherons, dont l’article dédié décrit le cycle.
Questions fréquentes
Les pépins de melon et de pastèque germent-ils dans le compost ?
Parfois, si le compost n’a pas chauffé. Les plantules s’arrachent d’un geste et se recompostent. Un composteur qui passe la phase chaude les détruit.
Peut-on composter une pastèque entière pourrie ?
Oui, coupée en morceaux. Entière, elle forme une poche d’eau et de sucre qui fermente. En quartiers et couverte, elle disparaît en quelques semaines.
L’écorce de melon attire-t-elle les rats ?
Peu, elle est peu nutritive. Ce sont les moucherons qu’elle attire, tant qu’elle est en surface.
Par où commencer
Le melon, la banane, l’ananas et les agrumes posent tous la même question d’été : de l’eau, du sucre, des mouches. La fiche banane et la fiche ananas complètent celle-ci, et l’article sur le compost trop humide explique comment rattraper un tas détrempé.
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