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Compostage en EHPAD : exigences sanitaires, gisement et coût

Compostage en EHPAD : ce qu’impose la loi depuis 2024, ce que l’évaluation regarde, le gisement lit par lit et le coût réel, de 119 à 398 € HT par mois.

Jardin composteur ABC bardé de bois, barre de brassage manuelle sur le couvercle, ceinturé de ses jardinières fleuries dans la cour d’un établissement de santé

Compostage en EHPAD : la réponse courte

Oui, un EHPAD peut composter ses biodéchets sur son site, et il doit même les trier à la source depuis le 1er janvier 2024. Trois conditions rendent le dispositif tenable en établissement médico-social : un contenant fermé qui ne laisse aucune prise aux rongeurs, un tri organisé en cuisine et écrit dans le plan de maîtrise sanitaire, une traçabilité disponible le jour où quelqu’un la demande. Au-delà d’environ 83 lits, le gisement dépasse ce qu’un traitement sur site absorbe et il faut passer à une filière extérieure.

La suite déroule le texte exact qui vous oblige, le gisement que produit un lit, ce qu’un évaluateur regarde et ce que le dispositif coûte lit par lit. Les montants cités sont ceux de la grille appliquée par notre devis en ligne, pas des ordres de grandeur.

À retenir

Obligation de tri sans seuil de tonnage depuis 2024. Pas de déclaration ICPE tant qu’on reste sous 2 tonnes traitées par jour, ce qu’aucun EHPAD n’atteint. Un lit capte environ 36 kilos de biodéchets par an. Un composteur absorbe 1 500 kg par an, deux jusqu’à 3 000 kg, au-delà le sur site n’est plus la réponse.

Ce que la loi impose à un EHPAD depuis 2024

L’obligation tient dans un seul article. L’article L. 541-21-1 du code de l’environnement, issu de la loi 2020-105 dite AGEC, impose à tout producteur de biodéchets de les trier à la source et de les orienter vers une valorisation organique. Depuis le 1er janvier 2024, cette obligation ne connaît plus aucun seuil de tonnage : un EHPAD de 28 lits est concerné au même titre qu’un centre hospitalier. La définition du biodéchet figure à l’article L. 541-1-1 : déchets alimentaires et de cuisine, déchets non dangereux de jardin. Le guide de la loi AGEC reprend le texte dans le détail.

Les suites sont réelles et rarement bien citées : on lit encore des barèmes inventés dans des plaquettes commerciales. Voici les trois seuls fondements qui existent, détaillés dans notre article sur les sanctions prévues par la loi AGEC.

Les trois fondements de sanction applicables à un défaut de tri des biodéchets. Un établissement médico-social est une personne morale : c’est le taux quintuplé qui s’applique à la contravention.
TexteCe qui est sanctionnéMontant
R. 541-78 du code de l’environnementAbsence de tri à la source, contravention de 4e classe750 € pour une personne physique, portés à 3 750 € pour une entreprise (article 131-41 du code pénal)
L. 541-3 du code de l’environnementSituation non régularisée après mise en demeure, amende administrative au titre de la police du maireJusqu’à 150 000 €
L. 541-46 du code de l’environnementGestion de déchets contraire aux prescriptions, volet pénal, peines portées à ce niveau par la loi 2024-364150 000 € et 4 ans d’emprisonnement

Une inquiétude revient en direction d’établissement : composter sur place ferait-il basculer l’EHPAD dans le régime des installations classées ? Non. Le seuil de déclaration de la rubrique 2780 s’exprime en tonnes par jour et il est fixé à 2 tonnes par jour de matière traitée. Un EHPAD de 80 lits en produit environ 8 kilos par jour. Les contrôles ICPE liés aux biodéchets ne concernent pas ce type de site.

Combien de biodéchets produit un lit

Le dimensionnement d’un EHPAD repose sur une seule donnée : le nombre de lits occupés. Contrairement à un siège social, où le gisement dépend du télétravail et des jours ouvrés, un établissement médico-social nourrit ses résidents trois fois par jour, 365 jours par an. C’est ce qui rend l’estimation fiable, et c’est aussi ce qui fait monter les volumes plus vite qu’on ne l’imagine.

Le ratio de référence retenu par notre calculateur pour le secteur médico-social est de 0,140 kg par lit et par jour, préparation, épluchures et retours de plateaux confondus. À ce chiffre théorique s’applique un taux de captation de 0,7 : une part du gisement n’arrive jamais au seau de tri, parce qu’un résident a mangé ailleurs, parce qu’un plateau part directement en ordures ménagères, parce qu’un agent remplaçant ne connaît pas encore la consigne. Ignorer cette minoration conduit à surdimensionner, donc à surpayer. La méthode complète de calcul du gisement explique comment vérifier le ratio par une pesée.

Le calcul
  • Lits occupés 40
  • Ratio médico-social, par lit et par jour 0,140 kg
  • Jours de service par an 365
  • Gisement théorique 2 044 kg / an
  • Taux de captation retenu 0,7
  • Gisement réellement capté 1 431 kg / an
  • Capacité d’un composteur ABC 1 500 kg / an

Un composteur suffit1 431 kg

Retenez le facteur : un lit capte 0,140 × 365 × 0,7, soit environ 36 kilos par an. Quarante lits saturent presque exactement un composteur. Ne l’appliquez pas à une cuisine centrale qui produit pour plusieurs établissements : le sujet bascule alors vers les biodéchets en restauration collective, avec des volumes d’un tout autre ordre.

Zéro nuisible : la condition non négociable

C’est le point qui décide de tout le reste. Un directeur d’EHPAD peut accepter une contrainte d’organisation, il ne peut pas accepter un rat aperçu par une famille. La bonne nouvelle est que le risque rongeur ne dépend presque pas de la matière compostée : il dépend du contenant et de son emplacement.

Un bac de jardin en plastique, ajouré, ouvert par le bas et posé sur la terre, est un abri chauffé avec le couvert. Une cylindre en acier de 2 mm à fond fermé, rabattue par un couvercle plein et posée sur une surface dure, retire aux rongeurs les trois choses qu’ils cherchent : une ouverture au ras du sol, un sol meuble où creuser au pied du bac, une paroi que des incisives entament. C’est la construction du composteur ABC : 450 litres, acier de 2 mm, conçu et fabriqué dans notre atelier picard, brassage mécanique actionné à la main. Il ne se branche pas : ni électricité, ni eau, ni évacuation, ni génie civil. Pour un établissement, cela signifie aucun dossier de travaux et aucune reprise de sol : on pose la cheminée d’aération sur une dalle existante. Le dossier sur les composteurs anti-rongeurs détaille les points d’entrée que cherchent les nuisibles.

Deux gestes complètent la mécanique. Le mélange avec la matière sèche, livrée avec l’abonnement, absorbe les jus qui signalent le dépôt à distance. Quelques tours de la barre de brassage après chaque apport enfouissent la matière fraîche. Le reste est affaire d’emplacement : surface dure, pas de végétation dense contre le composteur. Composter sans odeur ni rongeur reprend la méthode point par point.

Évaluation et inspection : les preuves à sortir

Il n’existe pas d’agrément de composteur ni de visa préalable auprès de l’ARS : personne ne validera votre matériel avant l’installation. Ce qui existe, ce sont des moments où l’on vous demande des preuves : l’évaluation de la qualité conduite selon le référentiel de la Haute Autorité de santé, une inspection de la direction départementale en charge de la protection des populations, un contrôle d’hygiène alimentaire, une plainte de famille. L’attendu est chaque fois le même : un dossier qui se sort en cinq minutes et qui couvre quatre angles, le flux, l’hygiène, les nuisibles et l’écrit.

  • Le registre chronologique des déchets, à jour, où les biodéchets apparaissent comme un flux distinct des ordures ménagères.
  • Un justificatif d’enlèvement daté pour chaque passage, avec le tonnage et la destination finale de la matière.
  • La procédure de tri en cuisine, écrite et intégrée au plan de maîtrise sanitaire, pas un simple affichage au mur.
  • Le protocole de nettoyage des seaux de tri et du poste de dépôt, avec sa fréquence et le produit utilisé.
  • L’emplacement du composteur reporté sur le plan de circulation des déchets, hors du circuit propre et sans retour en arrière.
  • La preuve que le flux biodéchets ne croise jamais le flux DASRI : contenants, locaux et horaires distincts.
  • Le contrat de dératisation en cours et le compte rendu du dernier passage.
  • La liste de ce qui se composte et de ce qui ne se composte pas, affichée au poste de tri.
  • Les noms des agents formés, la date de la session et le nom de la personne référente en cuisine.

Une seule de ces neuf lignes ne se produit pas en interne : le justificatif d’enlèvement, que le prestataire remet à chaque passage et consolide dans un reporting annuel, comme le prévoit l’offre composteur avec sa collecte. Notre article sur la traçabilité des biodéchets donne le modèle de registre, et le point DASRI est traité séparément dans biodéchets contre DASRI en hôpital et clinique.

Résidents et familles : l’acceptabilité se prépare

Le sujet est absent des dossiers techniques et c’est pourtant lui qui fait échouer les projets. Une famille qui découvre sans prévenir un « composteur » dans l’établissement où vit sa mère entend le mot « déchets » et pense odeur, mouches, économies faites sur le dos des résidents. La réponse n’est pas technique, elle est chronologique : on annonce avant, pas après.

Trois décisions règlent l’essentiel. Le composteur s’installe en zone de service, sur le circuit déchets, jamais dans un espace de promenade ni en vis-à-vis d’une chambre. Le point est porté en conseil de la vie sociale avant l’installation, avec le motif réglementaire mis en avant plutôt que l’argument budgétaire : un établissement qui se met en conformité rassure, un établissement qui économise inquiète. Enfin la finition compte : un composteur laqué aux couleurs de l’établissement se lit comme un équipement, un bac de jardinerie se lit comme un bricolage.

Composteur ABC anthracite en acier, couvercle bombé relevé et barre de brassage manuelle en travers, posé sur une dalle au local poubelle pendant la formation d’une équipe
Le composteur laqué, posé en zone de service et montrée aux équipes au moment de la mise en route : c’est là que se joue l’adhésion, pas dans le contrat.

Reste le volet interne. Le tri en cuisine ajoute un geste à des équipes tendues et ne tient que s’il est porté par une personne identifiée, chef de cuisine ou responsable hôtelier. Embarquer les équipes sur le tri décrit ce qui fonctionne. Certains établissements transforment la contrainte en activité avec le jardin composteur, jardinière circulaire de 2 000 litres à 129 € HT par mois, que les résidents entretiennent.

Ce que ça coûte, lit par lit

Le modèle est un abonnement, pas un achat : 79 € HT par mois et par composteur, qui couvrent le matériel installé, la matière sèche, la maintenance et la sensibilisation des équipes. La collecte est une option facturée 10 € HT par mois, par passage annuel et par composteur : à deux colonnes, un passage annuel revient donc à 20 € par mois. La grille ne connaît que sept fréquences, 1, 2, 3, 4, 6, 9 ou 12 passages par an, reporting compris. Un établissement doté d’espaces verts peut garder son compost et rester au composteur seul, sans ligne collecte. L’engagement est de 48 mois et le matériel reste notre propriété : la dépense est une charge d’exploitation, pas un investissement à amortir.

Le nombre de passages ne se négocie pas et ne se choisit pas dans un menu : il découle du gisement selon une grille. Le tableau ci-dessous l’applique aux tailles d’EHPAD les plus courantes. On y lit deux ruptures nettes : le passage à deux composteurs entre 40 et 50 lits, qui double la mensualité, et la sortie du périmètre au-delà de 83 lits.

Gisement, dimensionnement et mensualité par taille d’EHPAD. Gisement capté = lits × 0,140 kg × 365 × 0,7. Mensualité = 79 € par composteur, plus 10 € par passage annuel et par composteur. Prix hors taxes.
LitsGisement captéComposteursPassages / an€ HT / mois€ HT / an
20715 kg141191 428
301 073 kg191692 028
401 431 kg1121992 388
501 789 kg293384 056
602 146 kg293384 056
702 504 kg2123984 776
802 862 kg2123984 776
84 et plusplus de 3 000 kgHors périmètre du compostage sur site

Un point compte pour bâtir un budget : la ligne est plate. Les 10 € HT par passage annuel se paient tous les mois de l’année, pas seulement ceux où le camion vient. Aucun pic saisonnier, aucune régularisation de fin d’exercice, aucune facturation à la levée. Pour comparer avec un marché de collecte hebdomadaire en cours, le comparatif entre collecte basse fréquence et collecte hebdomadaire pose les deux structures de coût côte à côte, et le coût de la collecte des biodéchets en entreprise donne la grille tous secteurs.

Quand le compostage sur site n’est plus la réponse

Un composteur absorbe jusqu’à 1 500 kilos par an. Au-delà, on en ajoute un second, et l’ensemble tient jusqu’à 3 000 kilos. Passé ce volume, nous ne proposons pas de troisième composteur : la manutention quotidienne devient une charge de travail réelle pour une équipe de cuisine, et la matière sèche à stocker occupe une surface que peu d’établissements ont. À 36 kilos captés par lit et par an, la bascule se produit à 84 lits.

Concrètement, un EHPAD de 60 ou 70 lits est un bon candidat au compostage sur site. Un EHPAD de 90 lits ne l’est pas, et une cuisine centrale qui produit pour trois établissements non plus : la bonne réponse devient une collecte séparée avec un opérateur local, ou un envoi vers une plateforme de compostage ou une unité de méthanisation. Notre devis en ligne s’arrête de lui-même au-dessus de 3 tonnes par an plutôt que de vendre un dispositif sous-dimensionné.

Un cas intermédiaire revient souvent dans les groupes privés : plusieurs résidences de taille moyenne, chacune sous le seuil, sous une même direction régionale. Le sur site redevient alors pertinent établissement par établissement, avec un contrat unique et un reporting consolidé. C’est le schéma décrit sur notre page santé et EHPAD, et le déroulé d’installation figure sur comment ça marche.

Questions fréquentes

Un EHPAD a-t-il le droit de composter ses biodéchets sur place ?

Oui. Aucun texte ne l’interdit, et l’article L. 541-21-1 du code de l’environnement impose au contraire de trier ces biodéchets à la source. La seule exigence propre au secteur est sanitaire : un dispositif fermé, inaccessible aux rongeurs, et un tri écrit dans le plan de maîtrise sanitaire de la cuisine.

L’ARS peut-elle refuser un composteur dans un EHPAD ?

L’ARS n’instruit pas d’autorisation de composteur : il n’existe pas de procédure d’agrément pour ce matériel. En revanche, un évaluateur ou un inspecteur peut relever un écart si le dispositif est ouvert, s’il est placé sur le circuit propre de la cuisine, si le registre des déchets n’est pas tenu ou si le flux biodéchets croise le flux DASRI.

Faut-il une déclaration ICPE pour composter dans un EHPAD ?

Non. Le seuil de déclaration de la rubrique 2780 est de 2 tonnes de matière traitée par jour. Un EHPAD de 80 lits produit de l’ordre de 8 kilos par jour : on reste à plus de deux cents fois en dessous du seuil.

Peut-on composter les restes de plateaux repas des résidents ?

Oui pour les restes alimentaires eux-mêmes, restes d’assiette et épluchures compris. Non pour ce qui les accompagne : films, barquettes, couverts jetables. Et jamais pour un déchet issu d’un acte de soin, qui relève de la filière DASRI et ne doit à aucun moment croiser le seau de tri.

Combien coûte le compostage sur site pour un EHPAD de 60 lits ?

Un EHPAD de 60 lits capte environ 2 146 kilos par an, ce qui appelle deux composteurs et neuf enlèvements annuels : 338 € HT par mois, soit 4 056 € HT par an, matière sèche, maintenance, sensibilisation et reporting compris. Le matériel est loué, jamais acheté, sur un engagement de 48 mois.

Par où commencer

Dans l’ordre, et sans rien acheter : comptez vos lits occupés, multipliez par 36 kilos, lisez la ligne correspondante du tableau ci-dessus. Vous avez votre dimensionnement et votre mensualité. Repérez ensuite l’emplacement : surface dure, sur le circuit déchets, accessible à un transpalette, hors de vue des espaces de promenade. Ces deux éléments suffisent à présenter le projet en réunion de direction.

Si le chiffre du tableau vous convient, le devis en ligne le confirme sur vos données réelles et l’édite en quelques clics : il applique exactement la grille utilisée ici. S’il vous place au-delà de 3 tonnes par an, il vous le dira aussi. Et si vous préférez en parler, chacune de nos 12 régions a son interlocuteur, qui établit le même devis avec vous.

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