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Que mettre dans un composteur professionnel : la liste complète

Ce qui se composte, ce qui se modère, ce qui ne passe jamais : tableau de tri par famille, dosage de matière sèche et les obligations AGEC, textes à l'appui.

Dans un composteur professionnel, on met les déchets alimentaires et de cuisine du site : épluchures, restes de repas cuits ou crus, marc de café avec son filtre, pain, coquilles d'œufs, essuie-tout souillé d'aliments, fleurs fanées et terreau usagé. On y met aussi la viande et le poisson, dès lors que la cuve est close, ce qu'un bac de jardin ouvert ne permet pas. On n'y met jamais de plastique, même étiqueté compostable, ni verre, métal, litière, couches ou mégots. Entre les deux subsiste une zone grise : agrumes, produits laitiers, coquilles de fruits secs, tontes de pelouse. Le détail tient dans le tableau plus bas.

À retenir

Cette liste n'est pas affaire de préférence. Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets s'impose à tous les producteurs, sans seuil de tonnage : la liste verte ci-dessous n'est pas une bonne pratique facultative, c'est le périmètre d'une obligation. Les textes et les sanctions sont détaillés plus bas.

Ce qui fait échouer un composteur d'entreprise n'est presque jamais un aliment interdit oublié dans le seau, mais deux choses : un manque de matière sèche, et un emballage plastique qui traverse tout le cycle sans se dégrader.

Ce qui se composte sans restriction

Ce sont les déchets riches en eau et en azote que produisent une salle de pause et une cuisine, plus le papier souillé d'aliments qui les accompagne. Ils se défont en quelques semaines dans un composteur ABC, une cuve en acier de 2 mm de 450 L dont la cheminée d’aération brevetée maintient l'oxygène au cœur de la masse, et dont le brassage mécanique, actionné à la main, répartit les apports sans aucun raccordement électrique.

  • Épluchures de fruits et légumes, toutes variétés
  • Restes de repas cuits ou crus, riz, pâtes, légumineuses, sauces légères
  • Marc de café avec son filtre papier, sachets de thé en papier
  • Pain rassis, viennoiseries, biscuits secs
  • Coquilles d'œufs concassées
  • Essuie-tout, serviettes et boîtes à œufs en carton brun, souillés d'aliments uniquement
  • Fleurs fanées, plantes vertes, terreau usagé des jardinières intérieures

Deux gestes changent le résultat. Réduire la taille des morceaux d'abord, parce que les micro-organismes travaillent par la surface. Retirer ensuite ce qui n'est pas organique : agrafe du sachet de thé, élastique de la botte de radis, lien plastique du bouquet, barquette sous les restes. Dans la cuve, ces intrus ne se voient plus, mais ils ressortent intacts au vidage.

Ce qui se composte avec modération

La zone grise n'est pas une liste d'interdits déguisés. Ce sont des matières réellement compostables, dont la quantité et le mode d'apport décident du résultat. C'est là que se creuse l'écart avec un bac de jardin : la plupart sont refusées en compostage domestique et acceptées ici. Aucune ne se règle par un panneau « interdit », toutes se règlent par un dosage.

  • Viande, poisson, os, restes gras : acceptés en cuve close, à enfouir au centre de la masse et à recouvrir aussitôt de matière sèche. Sur un composteur ouvert, on s'abstient.
  • Produits laitiers et fromages : petites quantités enfouies, car le gras tapisse la matière et ralentit la colonisation microbienne.
  • Agrumes : acidité et huiles essentielles freinent les bactéries quand les écorces arrivent en masse, typiquement dans un hôtel qui presse ses jus chaque matin.
  • Coquilles de noix, noyaux, tiges ligneuses : riches en lignine, ils traversent un cycle entier sans se défaire. Concassés, ils aèrent la masse ; entiers, on les retrouve au vidage.
  • Tontes de pelouse et feuilles : par petites doses en alternance avec les apports de cuisine. Une tonte entière versée d'un coup se tasse en couche étanche et s'échauffe ; si les espaces verts sont la source principale, l'équipement n'est plus le même.
  • Cendres de bois non traité : une poignée de temps en temps, jamais une pelletée, sous peine de faire monter le pH.

Ce qu'il ne faut jamais mettre

La liste rouge est courte et sans exception, parce que chacun de ces déchets ressort du composteur tel qu'il y est entré, ou pire, contamine la matière sortante et la parcelle où elle finit.

  • Plastiques de toute nature, y compris films fins, barquettes, couverts et touillettes
  • Sacs, gobelets et capsules portant la mention « compostable » : la norme EN 13432 qualifie une dégradation en installation industrielle, sous température élevée maintenue et contrôlée plusieurs semaines. Un composteur sur site monte en température, mais pas dans ces conditions-là, et le sac ressort entier
  • Verre, métal, céramique, capsules en aluminium
  • Litières et déjections animales, excréments humains
  • Couches, lingettes, protections hygiéniques, masques
  • Mégots : le filtre est en acétate de cellulose et concentre des métaux lourds
  • Médicaments, produits chimiques, solvants, peintures, huiles moteur
  • Huile de friture en quantité, qui asphyxie la matière et relève d'une collecte séparée
  • Bois traité, palettes, sciure de panneaux agglomérés
  • Poussières et sacs d'aspirateur, chargés de fibres synthétiques

Le cas le plus fréquent sur le terrain n'est aucun de ceux-là. C'est la barquette de plat préparé vidée dans le bio-seau avec son film, et le gobelet en carton dont le fond est doublé de polyéthylène : tous deux passent inaperçus parce qu'ils ont l'air de papier.

Le tableau de tri, famille par famille

La synthèse des trois listes. La colonne de droite est la plus utile au quotidien : elle donne le geste, pas seulement le verdict.

Ce qui entre et ce qui n'entre pas dans un composteur professionnel de type ABC
DéchetVerdictPourquoiLe geste
Épluchures de fruits et légumesOuiAzote et eau, dégradation rapideCouper les gros morceaux
Restes de repas cuitsOuiApport principal d'un site tertiaireNe pas laisser en tas compact
Marc de café et filtre papierOuiRapport C/N proche de 20Avec le filtre, sans la capsule
Sachet de thé en papierOuiPapier et feuilles compostablesRetirer agrafe et étiquette
Coquilles d'œufsOuiApport calcique, dégradation lenteConcasser avant de jeter
Pain, viennoiseries, biscuitsOuiCarbone rapidement disponibleÉmietter, humidifier si très sec
Essuie-tout alimentaireOuiCellulose, joue le rôle de brunUniquement souillé d'aliments
Fleurs et plantes d'intérieurOuiMatière verte, azotéeSans pot, lien ni mousse florale
Viande, poisson, osAvec modérationGras et attractif, exige une cuve closeEnfouir au centre, couvrir de broyat
Produits laitiers, fromagesAvec modérationLe gras ralentit la reprisePetites quantités, enfouies
AgrumesAvec modérationAcidité et huiles essentiellesÉtaler dans le temps, doubler le broyat
Coquilles de fruits secs, noyauxAvec modérationLignine, plusieurs cyclesConcasser ou écarter
Cendres de bois non traitéAvec modérationFont monter le pHUne poignée, pas une pelletée
Plantes récemment traitéesNonRésidus dans la matière sortanteFilière déchets verts
Sac ou gobelet « compostable »NonEN 13432 : compostage industrielBac de tri habituel
Plastique, verre, métal, céramiqueNonRessortent intactsBacs de tri du site
Litière, déjections, couches, lingettesNonRisque sanitaireOrdures ménagères résiduelles
Mégots, médicaments, produits chimiquesNonMétaux lourds, molécules activesFilières dédiées

Le ratio carbone/azote et le dosage de matière sèche

Une liste de tri parfaite ne suffit pas. Ce qui décide du résultat, c'est l'équilibre entre carbone et azote : les micro-organismes consomment environ 25 à 30 parts de carbone pour une part d'azote. Or les déchets d'une salle de pause sont presque tous du côté azoté, le marc de café autour de 20 pour 1, les épluchures en dessous. Livrés seuls dans une cuve, ils se tassent, relâchent leur eau, et l'oxygène disparaît au cœur de la masse : c'est le point de départ d'une odeur.

D'où la matière sèche, un broyat de bois livré avec l'abonnement. La règle de terrain : une poignée par seau vidé, doublée après un apport de viande, de poisson ou d'agrumes, doublée aussi quand le contenu de la cuve brille d'humidité. Trop humide, la matière sent en quelques jours ; trop sèche, elle ne descend plus en volume. Les repères de température figurent dans notre article sur le cycle du compostage, les dérives courantes dans celui consacré au compostage sans odeur ni nuisible.

  • Verts, riches en azote : restes de repas, épluchures, marc de café, tontes fraîches, fleurs fanées
  • Bruns, riches en carbone : broyat, carton brun non imprimé, essuie-tout, feuilles mortes, paille, sciure non traitée

Ce que la loi oblige à trier

La question « que mettre dans le composteur » a une réponse réglementaire avant d'avoir une réponse agronomique. La loi 2020-105 du 10 février 2020, dite AGEC, a généralisé le tri à la source des biodéchets : depuis le 1er janvier 2024, l'obligation vise tous les producteurs, sans seuil de tonnage (article L. 541-21-1 du Code de l'environnement). Le périmètre est fixé par l'article L. 541-1-1, qui définit le biodéchet comme les déchets alimentaires et de cuisine, ainsi que les déchets non dangereux de jardins et de parcs. La liste verte plus haut n'est donc pas une bonne pratique facultative : c'est le périmètre de l'obligation.

En face, trois sanctions existent, et ce sont les seules :

  • La contravention de 4e classe de l'article R. 541-78 : 750 € pour une personne physique, portés à 3 750 € pour une entreprise (article 131-41 du code pénal).
  • L'amende administrative de l'article L. 541-3, jusqu'à 150 000 €, au titre de la police des déchets exercée par le maire.
  • Les peines de l'article L. 541-46, portées à 150 000 € et 4 ans d'emprisonnement par la loi 2024-364.

En pratique, un contrôle ne fouille pas la cuve, il demande des preuves : le tri doit laisser une trace écrite, sujet traité dans la traçabilité des biodéchets. Le régime complet est repris dans notre guide de la loi AGEC, le détail des peines dans l'article sur les sanctions AGEC applicables aux entreprises.

Faire tenir la liste dans le geste quotidien

Une consigne de tri se joue en une seconde et demie, debout, un plateau dans une main. Personne ne consulte alors un tableau à dix-huit lignes. La seule signalétique qui fonctionne est celle qui se trouve dans l'axe du regard au moment où la main s'ouvre, et qui montre les objets du site plutôt que des pictogrammes génériques.

Bio-seau vert de collecte des biodéchets en salle de pause, avec un autocollant de consignes de tri collé sur le couvercle et une affiche de sensibilisation au mur juste au-dessus
L'autocollant sur le couvercle capte le regard au moment où la main s'ouvre ; l'affiche murale sert de rappel pour les cas rares.
  • Un autocollant « oui / non » sur le couvercle du bio-seau, là où le regard tombe
  • Une affiche A4 plastifiée au mur, en pictogrammes lisibles sans maîtriser le français
  • Les trois pièges du site nommés : barquette filmée, gobelet doublé polyéthylène, capsule dite compostable
  • Le sac de broyat posé contre le composteur, avec le doseur qui donne la mesure de la poignée
  • Un référent par étage ou par service, qui répond sans passer par les services généraux
  • La consigne reprise dans le parcours d'intégration des nouveaux arrivants
  • Un coup d'œil hebdomadaire dans le seau, pour corriger avant que l'erreur devienne une habitude

Kit de sensibilisation, formation initiale, matière sèche, maintenance et reporting sont inclus dans l'abonnement mensuel de 79 € HT du composteur ABC : le déroulé est décrit sur la page comment ça marche. Sur la partie humaine, notre retour d'expérience est rassemblé dans embarquer les équipes dans le tri des biodéchets.

Quand le problème n'est plus la liste mais le volume

Un composteur ABC absorbe jusqu'à 1 500 kg de biodéchets par an. En dessous, la question du tri est la seule qui compte. Au-delà, on ajoute un second composteur. Au-delà de 3 000 kg par an, le compostage sur site n'est plus la bonne réponse.

Le calcul
  • Personnes présentes un jour normal 150
  • Ratio retenu, bureau avec pauses et déjeuners sur place 0,025 kg/pers./jour
  • Jours ouvrés dans l'année 220
  • Gisement annuel : 150 × 0,025 × 220 825 kg
  • 825 kg restent sous la capacité de 1 500 kg 1 composteur ABC
  • Passages de collecte, grille du devis (ligne 875 kg) 6 par an
  • Composteur livré, matière sèche, maintenance, formation en visio 79 € HT/mois
  • Collecte, 10 € HT par passage annuel 60 € HT/mois

Total139 € HT par mois

Soit 1 668 € HT par an, sans investissement de départ : le composteur est loué, jamais vendu, sur un engagement de 48 mois. Le nombre de passages ne se choisit pas, il découle du gisement ; la collecte reste une option, de 1 à 12 passages par an. Sans elle, le composteur seul revient à 79 € HT par mois et vous gardez la matière. Pour poser vos propres hypothèses, voir calculer son gisement de biodéchets. Si l'essentiel de vos apports vient des espaces verts, c'est un autre équipement : le jardin composteur, jardinière circulaire de 2 000 L à 129 € HT par mois.

Questions fréquentes

Peut-on mettre du marc de café et les filtres ?

Oui, sans restriction de quantité. Le marc de café est riche en azote, sa structure fine se mélange bien au broyat, et son rapport carbone/azote proche de 20 pour 1 en fait l'un des meilleurs apports d'un site tertiaire. Le filtre en papier se composte avec lui. En revanche, les capsules en aluminium ou en plastique n'entrent pas, même vidées, et les capsules dites compostables non plus.

Peut-on mettre de la viande et du poisson ?

Oui dans un composteur professionnel à cuve close comme l'ABC, dont la cuve en acier de 2 mm a un fond fermé et un couvercle plein, et qui se pose sur une surface dure. Il faut enfouir les restes au centre de la masse et les recouvrir aussitôt de matière sèche. Dans un composteur de jardin ouvert, on s'en abstient : odeurs et nuisibles arrivent en quelques jours.

Les sacs et gobelets marqués « compostables » passent-ils ?

Non. La norme EN 13432 qualifie une dégradation en installation industrielle, sous température élevée maintenue et contrôlée pendant plusieurs semaines. Un composteur sur site monte en température, mais pas dans ces conditions-là. Le sac ressort entier au vidage et il faut le retirer à la main. Le bio-seau se vide sans sac, ou avec un sac que l'on récupère.

Que se passe-t-il si quelqu'un jette un plastique dedans ?

Rien d'irrémédiable pour un objet isolé : il sera écarté au moment du vidage. Le problème n'est pas l'incident, c'est la répétition. Un flux régulier de films et de barquettes finit en fragments dispersés dans toute la masse, impossibles à retirer un par un, et c'est ce qui déclasse un lot au moment de l'épandage.

Que devient la matière qui sort du composteur ?

Après quelques mois, elle est enlevée lors d'un passage, hygiénisée dans un atelier partenaire, puis épandue chez un agriculteur situé à moins de 50 km du site. Chaque passage donne lieu à un justificatif. Les usages possibles sont détaillés dans notre article sur la valorisation du compost obtenu.

Par où commencer

Confrontez le tableau ci-dessus à ce qui sort réellement de votre salle de pause pendant une semaine. Deux ou trois familles récurrentes vont apparaître, rarement plus : ce sont elles qui doivent figurer sur l'autocollant du bio-seau. Le reste relève de l'affiche murale et du référent.

Reste à savoir si votre gisement tient dans un composteur ou dans deux. Notre devis en ligne fait ce chemin en quelques minutes : vous renseignez secteur et effectifs, il estime le gisement, propose le dimensionnement et affiche le tarif, passages de collecte compris. Nous équipons plus de 500 sites en France métropolitaine hors Corse, organisés en 12 régions ayant chacune son interlocuteur : la carte de nos implantations indique qui suit votre secteur.

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