Compostage sur site easy to compost easy to change Recyclage des mégots
Ressource

Que mettre dans son compost ? La liste complète, déchet par déchet

Ce qui va au compost, ce qui n’y va pas, et pourquoi. Avec le tableau de référence, le rapport carbone/azote et les règles propres aux sites d’entreprise.

Deux personnes examinent la matière en cours de compostage sous la trappe d’un jardin composteur Easy to Compost

La réponse en bref

Tout ce qui a été vivant se composte, mais pas partout ni à la même vitesse. Dans un composteur de jardin, on met sans hésiter les épluchures, le marc de café, les restes végétaux cuits, le pain, les coquilles d’œufs concassées, les feuilles mortes et les papiers non imprimés. On laisse dehors la viande, le poisson, les produits laitiers, les huiles, les déjections animales, les plantes malades et tous les emballages dits « compostables ». Dans un composteur professionnel clos, la liste s’élargit nettement : la viande, le poisson et les restes de plateaux y passent sans difficulté. La différence ne tient pas au déchet, elle tient à l’équipement.

La confusion vient de là. Un os de poulet est un biodéchet parfaitement compostable au sens de l’article L. 541-1-1 du Code de l’environnement, et il reste une très mauvaise idée au fond d’un tas ouvert. 3 paramètres décident de tout : l’équilibre entre carbone et azote, la présence d’oxygène et le taux d’humidité. Les déchets qui posent problème ne sont pas « sales », ils déséquilibrent l’un de ces curseurs ou attirent ce qui n’a rien à faire là.

À retenir

La bonne question n’est pas « est-ce compostable ? » mais « est-ce compostable dans mon équipement ? ». Le même reste de plateau est à proscrire dans un bac de jardin ouvert et devient un apport banal dans une cuve close ventilée par une cheminée d’aération.

Le tableau de référence, déchet par déchet

La colonne « composteur de jardin » vise le tas ou le bac classique, ouvert ou simplement couvert, sans montée en température durable. La colonne « composteur professionnel clos » vise un équipement fermé, en cuve, avec brassage et circulation d’air continue, comme le composteur ABC en acier de 2 mm installé sur les sites que nous équipons.

Ce qui se composte, selon l’équipement
DéchetComposteur de jardinComposteur professionnel closCe qui se joue
Épluchures de fruits et légumesOuiOuiBase azotée du compost, dégradation en quelques semaines
Marc de café et filtre papierOuiOuiAzote et structure fine, aucune contre-indication
Sachet de thé sans agrafe ni mailleOuiOuiPapier non blanchi seulement, l’agrafe part à la poubelle
Coquilles d’œufs concasséesOuiOuiApport de calcium, quasi éternelles si laissées entières
Restes cuits, riz, pâtes, légumesAvec modérationOuiEn tas ouvert, ils attirent moucherons et rongeurs
Pain, biscuits, gâteaux secsAvec modérationOuiÀ émietter, sinon ils moisissent en bloc compact
Viande, poisson, arêtesNonOuiProtéines et graisses, donc odeurs soufrées et nuisibles à l’air libre
Produits laitiers, croûtes de fromageNonOui, en petite quantitéLes graisses ralentissent la colonisation microbienne
Agrumes, ail, oignonAvec modérationOuiAcidité et composés antibactériens, à diluer dans le reste
Essuie-tout et serviettes non imprimésOuiOuiApport carboné gratuit, déjà présent sur place
Feuilles mortes, fleurs fanéesOuiOuiCarbone et structure, à émietter si les feuilles sont épaisses
Tonte de gazon fraîcheEn couche fineEn apport mesuréTrès azotée et très mouillée, elle compacte et asphyxie
Noyaux, coques de noix, peau d’avocatNonNon2 à 5 ans pour un noyau, il ressort intact du cycle
Huile de friture, sauces grassesNonNonEnrobent la matière et coupent l’accès à l’oxygène
Litière et déjections d’animauxNonNonRisque sanitaire, hors cadre d’un compost partagé
Plantes malades ou récemment traitéesNonNonPathogènes et résidus phytosanitaires transmis au compost
Sacs et couverts certifiés EN 13432NonNonNorme écrite pour le compostage industriel
Mégots, cendres de charbon, sac d’aspirateurNonNonPlastiques, métaux lourds et additifs de combustion

La version détaillée pour un site professionnel, signalétique comprise, est reprise dans notre guide que mettre dans un composteur professionnel.

Le rapport carbone / azote, la règle qui permet de trancher seul

Derrière les mots « verts » et « bruns » se cache un rapport chiffré : la proportion entre le carbone (C) et l’azote (N) de ce que vous apportez. Le carbone est l’énergie des micro-organismes, l’azote leur matière de construction. Un mélange fonctionne bien autour de 25:1 à 30:1, soit beaucoup plus de carbone que d’azote en masse. Or les déchets de cuisine, qui forment l’essentiel des apports quotidiens, sont tous du côté azoté.

Ordres de grandeur du rapport C/N par matière
MatièreRapport C/N indicatifRôle dans le mélange
Tonte de gazon fraîche15 à 25Azote
Épluchures de fruits et légumes15 à 25Azote
Marc de caféenviron 20Azote, malgré sa couleur brune
Feuilles mortes40 à 80Carbone
Paille80 à 100Carbone et structure
Carton brun, papier non imprimé150 à 400Carbone
Broyat de bois, sciure non traitée200 à 500Carbone et structure

Ces valeurs sont des ordres de grandeur agronomiques : l’espèce, la saison et l’humidité les font varier d’un tiers. Ce qui compte est le sens de la correction, pas la décimale. Trop d’azote et le tas devient mouillé, tassé, il sent l’ammoniac. Trop de carbone et il se fige, plus rien ne se passe pendant des mois.

La règle de terrain tient en une phrase : un seau de biodéchets frais, une poignée de matière sèche par-dessus. C’est ce qui est livré et réapprovisionné avec l’abonnement au composteur, parce que le manque de matière sèche est la première cause d’échec sur les sites que nous reprenons.

Oxygène et humidité, les conditions qu’on oublie

Le compostage est un processus aérobie. Sans oxygène, la relève est prise par des bactéries anaérobies qui produisent du méthane, des composés soufrés et un jus noirâtre : ce n’est pas un compost lent, c’est de la fermentation. D’où 3 gestes qui ne coûtent rien : brasser tous les 10 à 15 jours dans un bac de jardin, ne jamais déposer une couche épaisse de matière humide d’un seul coup, alterner apports frais et apports secs.

Bioseau vert ouvert dans une salle de pause, contenant des peaux de banane, du marc de café et des épluchures, sous les affiches de consignes de tri
Un bioseau de salle de pause en fin de journée : un contenu très azoté, qui réclame de la matière sèche à l’arrivée au composteur.

L’humidité cible est celle d’une éponge essorée : la matière colle quand on la presse, sans qu’une goutte s’en échappe. Trop sèche, elle stoppe ; trop mouillée, elle chasse l’air. Les causes d’excès sont toujours les mêmes : trop de fruits et de légumes sans matière sèche, absence de carton absorbant, eau de pluie qui entre par un couvercle mal conçu.

C’est ce que règle un équipement fermé. Le composteur ABC est une cuve en acier de 2 mm à fond fermé, couvercle plein, posée sur surface dure : la pluie n’entre pas, le jus ne part pas dans le sol. L’air circule en continu par une cheminée d’aération brevetée et le brassage se fait à la main, sans électricité, sans eau, sans évacuation ni génie civil. Le mécanisme est détaillé dans notre article sur le compostage ABC, ses effets sur les odeurs dans celui consacré à composter sans odeur ni nuisible.

Viande, agrumes, huile : ce qui pose vraiment problème

4 familles concentrent les refus, chacune pour une raison distincte.

Les matières animales (viande, poisson, laitages) sont riches en protéines et en graisses. Leur dégradation passe par des bactéries productrices de composés soufrés, dont l’odeur porte loin : dans un tas ouvert, elle attire rats et corvidés en quelques jours. Le problème n’est pas la matière, c’est l’accès, comme l’explique notre article sur les composteurs anti-rongeurs.

Les matières grasses liquides (huile de friture, sauces en quantité) posent un problème mécanique, pas biologique : elles forment autour des particules un film qui bloque l’eau et l’oxygène. Une assiette huileuse ne change rien, un fond de friteuse asphyxie une zone entière.

Les matières acides ou antibactériennes (agrumes en excès, ail, oignon) ne sont pas interdites, elles sont à diluer : un compost dont le pH descend trop bas ralentit. Une caisse d’écorces d’orange d’un coup casse le rythme, les épluchures d’un déjeuner non.

Les matières à risque sanitaire ou chimique (plantes malades, végétaux traités, litières, mégots, cendres de charbon) sont les seules exclues quel que soit l’équipement. Un compost domestique ne dépasse pas durablement 40 à 50 °C et ne détruit donc pas les pathogènes : c’est le rôle de la phase thermophile, décrite dans notre article sur les phases et les températures du cycle de compostage.

Bioplastiques et emballages « compostables », la zone grise

C’est la question qui revient le plus souvent, et celle où la réponse intuitive est fausse : un emballage marqué « compostable » n’est presque jamais compostable chez vous. La norme EN 13432 qualifie un matériau pour le compostage industriel, un procédé qui maintient une température de l’ordre de 60 °C pendant plusieurs semaines, avec brassage intense et humidité pilotée. Ni un composteur de jardin, ni un composteur sur site ne reproduisent ces conditions.

Emballages dits compostables : ce qui se dégrade vraiment
EmballageComposteur de jardinComposteur sur sitePourquoi
Sachet de thé en papier non blanchiOuiOuiFibre seule, sans film ni colle
Sachet de thé avec agrafe ou mailleNonNonMétal ou polymère qui reste intact
Gobelet carton à boisson chaudeNonNonPellicule plastique intérieure
Boîte kraft de restauration rapideÀ vérifierÀ vérifierSouvent pelliculée, souvent grasse
Sac kraft non traité, non grasOuiOuiBonne source de carbone
Sac ou couvert certifié EN 13432NonNonExige une filière industrielle chaude
Mention « OK compost HOME »À testerNon recommandéDégradation lente et irrégulière, consigne brouillée
Film à base d’amidon de maïs ou de maniocNonNonSe fragmente sans être digéré

Le test le plus fiable tient en un geste : déchirez le carton. Si la tranche laisse apparaître un film brillant qui s’étire au lieu de casser, c’est un pelliculage plastique. Ce film ne disparaît pas, il se fragmente en microplastiques qui restent dans le compost, puis dans le sol. Sur un site d’entreprise, cette règle mérite d’être affichée en pictogrammes plutôt qu’en texte, comme l’explique notre méthode pour faire adopter le tri des biodéchets par ses équipes.

Plantes, feuilles et fleurs, les exceptions du jardin

Les déchets verts sont l’apport carboné le plus disponible et le plus mal utilisé. Feuilles mortes, fleurs fanées, résidus de taille fine et plantes d’intérieur en fin de vie sont les bienvenus. 3 catégories font exception. Les feuilles épaisses et cireuses, laurier, chêne, magnolia, résistent des saisons entières car leur cuticule protège la fibre : il faut les broyer. Les plantes malades propagent leurs pathogènes. Les végétaux récemment traités transportent leurs résidus jusque dans le sol.

Restent les cas particuliers. Les noyaux et les coques de noix mettent 2 à 5 ans à se dégrader : ils ne sont pas nocifs, ils sont hors du cycle. Les cendres de bois, très alcalines, se tolèrent en poignées espacées, jamais en seau ; les cendres de charbon jamais. Les copeaux de bois non traité sont un excellent structurant. Les textiles en fibres naturelles se compostent en théorie, en années en pratique, et seulement découpés.

Quand le volume de végétaux dépasse celui des déchets de cuisine, le compostage change d’échelle : c’est le terrain du jardin composteur, une jardinière circulaire de 2 000 L qui absorbe tontes et tailles avec les biodéchets alimentaires.

Domestique, industriel, sur site : 3 cadres, 3 listes

Une même matière n’a pas le même sort selon la filière qui la reçoit : c’est pour cela que les consignes trouvées en ligne se contredisent. Le compostage domestique, en bac de jardin, en lombricomposteur ou en bokashi, travaille à faible volume et à température variable, entre 15 et 50 °C selon la saison. Efficace, gratuit, fragile : sa liste d’acceptés est la plus restrictive.

Le compostage industriel, en plateforme, monte jusqu’à 70 °C avec un brassage lourd. Il détruit les pathogènes, dégrade les emballages certifiés et accepte presque tout, mais il suppose de collecter, transporter et massifier la matière.

Le compostage sur site occupe une position intermédiaire souvent mal comprise. La cuve close, ventilée par sa cheminée d’aération et brassée à la main, accepte l’ensemble des biodéchets alimentaires, y compris ceux qu’un tas de jardin refuse. En revanche elle ne remplace pas la phase industrielle : après quelques mois, ce qui sort du composteur n’est pas un compost mûr et normalisé. Il est enlevé, hygiénisé dans un atelier partenaire, puis épandu chez un agriculteur situé à moins de 50 km, comme le décrit le déroulé complet du service. 2 variantes valent d’être connues avant d’arbitrer : le lombricompostage, adapté aux très petits gisements, et le bokashi, qui est une fermentation et non un compostage.

En entreprise, la question change de nature

Chez un particulier, mal trier fait rater un compost. Dans une entreprise, cela crée un écart de conformité. Depuis le 1er janvier 2024, l’article L. 541-21-1 du Code de l’environnement impose le tri à la source des biodéchets à tous les producteurs, sans aucun seuil de tonnage : le seuil de 5 tonnes par an que l’on lit encore n’existe plus.

3 sanctions sont citables. La contravention de 4e classe prévue à l’article R. 541-78 s’élève à 750 € pour une personne physique, portés à 3 750 € pour une entreprise (article 131-41 du code pénal). L’article L. 541-3 permet au maire de prononcer une amende administrative pouvant atteindre 150 000 €. L’article L. 541-46 prévoit au pénal jusqu’à 150 000 € d’amende et 4 ans d’emprisonnement, peines portées à ce niveau par la loi 2024-364. Le cadre complet est repris dans notre guide de la loi AGEC.

La liste des acceptés d’un site n’est donc pas une préférence, c’est une consigne opposable qui doit tenir dans un pictogramme au-dessus d’un bioseau. Elle dépend du gisement, qui commande aussi le dimensionnement : un composteur ABC de 450 L absorbe jusqu’à 1 500 kg par an, au-delà on en installe un second, et au-delà de 3 000 kg par an le compostage sur site n’est plus la bonne réponse. Voici le calcul pour un immeuble de bureaux avec coin café, selon la méthode de notre devis en ligne.

Le calcul
  • Personnes présentes un jour normal 120
  • Jours ouvrés retenus 220 par an
  • Ratio ADEME tertiaire, majoré pour le coin café 0,015 kg × 1,5 par personne et par jour
  • Gisement théorique 594 kg par an
  • Taux de captation réel retenu 70 %
  • Gisement réellement capté 416 kg par an
  • Passages de collecte imposés par la grille 2 par an
  • Location du composteur ABC, tout compris 79 € HT par mois
  • Collecte, 10 € HT par passage annuel 20 € HT par mois

Total99 € HT par mois

Les 79 € couvrent le composteur livré, la matière sèche, la maintenance et la formation des équipes en visio ; le reporting vient avec l’option collecte. Il n’y a pas d’achat : le matériel est loué, sur un engagement de 48 mois. La collecte est une option, de 1 à 12 passages par an, dont le nombre découle du gisement plutôt que d’un choix. Pour poser vos propres chiffres, voyez notre méthode de calcul du gisement de biodéchets et la page bureaux et tertiaire.

  • Le déchet a-t-il été vivant ? Sinon, il n’a rien à faire dans un composteur.
  • Est-il gras, huileux ou noyé de sauce ? Les graisses coupent l’oxygène.
  • Est-il imprimé, brillant ou plastifié ? Un carton brillant est un carton pelliculé.
  • Est-il plus gros qu’une pomme ? Coupez : la surface d’attaque fait la vitesse.
  • Une poignée de matière sèche a-t-elle été ajoutée par-dessus l’apport frais ?
  • La consigne est-elle affichée en pictogrammes, juste à côté du bioseau ?
  • Le doute persiste ? Ne le mettez pas. Un compost se répare mal, une poubelle se vide.

Questions fréquentes

Peut-on mettre du marc de café et des sachets de thé dans le compost ?

Oui. Le marc de café est riche en azote et se dégrade vite, filtre papier compris. Les sachets de thé se compostent s’ils sont en papier non blanchi, agrafe et étiquette retirées. Les sachets en maille dite « soie » sont en polymère et n’ont rien à faire dans un composteur.

La viande et le poisson se compostent-ils ?

Cela dépend de l’équipement. Dans un tas ou un bac de jardin ouvert, non : les odeurs portent et les nuisibles arrivent. Dans un composteur professionnel clos, en cuve d’acier avec couvercle plein et cheminée d’aération, oui, à condition de compenser par de la matière sèche.

Les sacs « compostables » vont-ils au compost ?

Non, sauf mention explicite de compostage domestique, et encore avec prudence. La norme EN 13432 vise le compostage industriel, autour de 60 °C pendant plusieurs semaines. Ni un bac de jardin ni un composteur sur site n’atteignent ces conditions : le sac reste visible des mois, ou se fragmente en microplastiques.

Pourquoi mon compost sent-il mauvais ?

Une odeur d’ammoniac ou de pourri signale presque toujours un excès d’azote et d’humidité, donc un manque d’oxygène. Le réflexe est d’ajouter de la matière sèche, carton non imprimé, feuilles mortes ou broyat, puis de brasser. Une odeur de sous-bois est au contraire le signe que tout va bien.

Faut-il couper les déchets avant de les mettre au compost ?

Oui, dès qu’un déchet dépasse la taille d’une pomme. Les micro-organismes attaquent par la surface : diviser un morceau par 2 accélère nettement sa dégradation. C’est pourquoi une coquille d’œuf concassée disparaît en quelques mois quand une coquille entière traverse plusieurs cycles.

La suite dépend de votre situation. Chez vous, il n’y a rien de plus à décider : le tableau ci-dessus suffit, ajoutez une poignée de matière sèche à chaque apport frais et brassez tous les 15 jours. Sur un site professionnel, la liste des acceptés ne se fige qu’une fois le gisement connu, puisque c’est lui qui fixe le nombre de composteurs et le rythme de collecte. Comptez 2 minutes pour obtenir le chiffrage complet avec le devis en ligne, et la FAQ du site pour le reste.

Un audit gratuit, un devis sous 24 h

Trente minutes en visio pour vérifier votre conformité AGEC, dimensionner la solution et estimer vos économies.