Compostage sur site easy to compost easy to change Recyclage des mégots
Ressource

Compost en hiver : ce qui se passe sous 5 °C, ce qu’il faut faire, et comment on le mesure

Un compost ne gèle pas de l’intérieur tant qu’il travaille. Quand il s’arrête, ce n’est pas le froid qui l’a tué mais ce qu’on a cessé de faire. Les mécanismes, les gestes de saison, et le protocole de mesure que nous proposons pour remplacer les impressions par des courbes.

Jardin composteur en extérieur à l’automne, sous une pergola, feuilles au sol

Ce que le froid fait à un compost, et ce qu’il ne fait pas

Le compostage est une combustion lente conduite par des micro-organismes, et comme toute réaction biologique, sa vitesse dépend de la température. Les bactéries de la phase mésophile travaillent entre 20 et 40 °C, celles de la phase thermophile entre 45 et 70 °C, et en dessous de 10 °C l’activité chute fortement. Mais la température qui compte n’est pas celle de l’air, c’est celle du cœur du tas. Un compost actif produit sa propre chaleur : un composteur bien nourri en décembre peut être à 50 °C au centre quand il gèle dehors, parce que la masse isole et que la réaction entretient elle-même la température dont elle a besoin.

Le froid agit donc de deux façons, et il faut les distinguer. Il ralentit la décomposition dans la couche extérieure, en contact avec les parois et le couvercle, qui refroidit et cesse de travailler. Et il empêche le redémarrage d’un compost qui s’est arrêté pour une autre raison : trop d’eau, pas assez d’air, apports interrompus. Un compost qui travaillait en novembre continue en janvier, plus lentement au bord, normalement au centre. Un compost qui s’est arrêté en novembre ne repartira pas avant mars. La différence entre les deux se joue en automne, pas en hiver.

Ce qui ne se passe pas : le compost ne pourrit pas parce qu’il fait froid. Les mauvaises odeurs d’hiver ont la même cause qu’en été, un excès d’eau et un manque d’air, aggravés par un détail de saison : la pluie et la neige fondue qui entrent dans un bac ouvert, et une évaporation quasi nulle parce que le compost froid ne chauffe plus. Un compost d’hiver qui sent l’œuf pourri n’a pas froid, il est noyé. Le diagnostic par l’odeur s’applique tel quel.

À retenir

Le compostage ne s’arrête pas sous 5 °C d’air si le cœur du tas est resté actif. Ce qui l’arrête, c’est l’eau qui ne s’évapore plus, la masse trop petite qui perd sa chaleur, et le brassage qu’on cesse de faire parce qu’il fait froid dehors. Les trois se corrigent.

Les trois leviers de l’hiver : la masse, l’eau, le brassage

La masse. Plus le tas est petit, plus il perd sa chaleur vite : c’est la raison pour laquelle un composteur de balcon gèle et un andain de plateforme fume en janvier. Un tas trop petit voit sa chaleur s’évacuer, l’eau ne s’évapore plus, l’humidité monte, et l’on retombe sur le problème précédent. À l’inverse, un tas trop gros devient anaérobie au centre. Entre les deux, une cuve de 450 litres remplie au moins à moitié, fermée, en acier, garde son cœur chaud parce que la masse fait isolant et que le couvercle retient la chaleur qui monte. En hiver, il vaut mieux un composteur bien rempli que deux à moitié vides.

L’eau. En été, la chaleur de la réaction évapore l’excès d’eau des biodéchets. En hiver, cette évaporation diminue, et les apports, eux, restent aussi humides. Le rapport matière sèche sur biodéchets doit donc monter avec le froid. C’est le geste que les équipes oublient le plus, parce que la consigne d’été, une pelle par bioseau, ne suffit plus ; c’est pourquoi la bonne pratique est de majorer la matière sèche de novembre à février, et de le rappeler aux équipes à l’entrée de l’hiver. Un compost sec au toucher, autour de 50 %, résiste au froid ; un compost à 80 % gèle en bloc.

Le brassage. Il a deux effets contraires selon le moment. Sur un compost qui travaille, un brassage remet de l’oxygène au centre et relance la réaction, ce qui remonte la température en un ou deux jours : c’est l’effet « coup de fouet » que l’on observe à chaque saison. Sur un compost déjà froid et immobile, un brassage trop fréquent disperse le peu de chaleur qui reste. La règle d’hiver est donc de brasser régulièrement mais brièvement, une fois par semaine, sans ouvrir le couvercle plus que nécessaire, et de ne pas brasser un compost qui a gelé en surface : on attend qu’il reprenne par le centre. Sur un composteur ABC, la vis de brassage travaille couvercle fermé, ce qui règle la question.

Un dernier levier, plus rare : l’emplacement. Un composteur adossé à un mur exposé au sud, à l’abri du vent dominant, garde quelques degrés de plus qu’un composteur isolé au milieu d’un parking. Ce n’est pas décisif, mais quand on a le choix au moment de l’installation, c’est un critère que nous regardons avec le site.

Ce que l’on sait, et ce qu’on ne sait pas encore

La physique ci-dessus est bien établie et se vérifie sur toute plateforme de compostage. Ce qui l’est moins, c’est le comportement d’un composteur fermé de 450 litres, en zone de service, alimenté par une cuisine ou une salle de pause, sur un hiver entier de plaine française, avec des nuits à −5 °C et des journées à 3 °C. Les retours de nos sites sont concordants, le composteur continue à absorber les apports et le volume baisse tout l’hiver, mais un retour de terrain n’est pas une mesure. Nous ne savons pas précisément à quelle température ambiante le cœur d’un ABC cesse de chauffer, ni combien de jours il met à repartir après un brassage en janvier, ni quel supplément de matière sèche est réellement nécessaire selon la région.

Nous préférons le dire plutôt que d’inventer une courbe. Ce sont des questions auxquelles on répond avec des sondes, pas avec des convictions, et c’est pourquoi nous décrivons ci-dessous le protocole qui permettrait d’y répondre, dans la continuité des travaux menés avec un laboratoire indépendant sur les odeurs et les nuisibles. Il est pensé pour des sites en exploitation, sans perturber leur usage, et pour comparer un compostage à température modérée et un compostage par grand froid avec des résultats comparables d’un site à l’autre. Nous le publions tel quel, comme la bonne façon de mesurer, sans préjuger de qui le mettra en œuvre.

Le protocole de mesure : un hiver, plusieurs sites, quatre sondes par composteur

Le protocole proposé répond à trois questions : à quelle température ambiante le cœur cesse-t-il de chauffer ? Quel ratio de matière sèche maintient l’humidité entre 40 et 65 % quand l’évaporation s’arrête ? Quelle fréquence de brassage relance le mieux la réaction sans disperser la chaleur ? Il se déroule de la mi-novembre à la fin février.

Un protocole de suivi hivernal pour un composteur en exploitation.
ÉlémentCe qui est faitPourquoi
SitesAu moins six composteurs en exploitation, dans trois régions de climats différents, deux par région, dont un en cour fermée et un exposéIsoler l’effet du climat de l’effet de l’emplacement
SondesQuatre enregistreurs de température par composteur : cœur du tas, périphérie à 5 cm de la paroi, ciel de cuve sous le couvercle, air extérieur à l’ombre. Relevé toutes les heuresDistinguer la température qui compte, celle du cœur, de celle de l’air
HumiditéMesure hebdomadaire à la sonde en trois points, plus une pesée d’échantillon avant et après séchage une fois par moisLa sonde dérive dans un milieu hétérogène, la pesée la recale
ApportsChaque bioseau pesé avant versement, nature notée (cuisine, salle de pause, fruits), matière sèche peséeRelier la température aux entrées réelles, pas à une estimation
Variables testéesDeux ratios de matière sèche (la consigne d’été et la consigne d’hiver majorée) et deux fréquences de brassage (une et deux fois par semaine), croisés sur les sitesQuatre combinaisons, pour trouver la plus robuste au froid
Odeur et nuisiblesNote d’odeur sur 10 à l’ouverture, une fois par semaine, par la même personne ; présence de moucherons notéeVérifier que la consigne d’hiver ne dégrade pas ce que l’été a réglé
RésultatVolume au début et à la fin, maturité du compost au printemps (température stable, odeur de sous-bois, structure)Savoir si l’hiver a fait perdre un cycle ou seulement du temps

Trois seuils décideront de la lecture. Un cœur qui reste au-dessus de 20 °C quand l’air est sous 5 °C signifie que la réaction est autonome et que la consigne testée suffit. Un cœur qui redescend à la température de l’air en moins de trois jours après un brassage signifie que le brassage disperse plus qu’il ne relance, et que sa fréquence doit baisser. Une humidité qui repasse au-dessus de 65 % malgré la consigne d’hiver signifie que le ratio de matière sèche est à remonter, et de combien. Ce sont ces trois chiffres, et non une impression de printemps, qui fixeront la consigne d’hiver de nos sites l’année suivante.

Le protocole est volontairement sobre : des enregistreurs de température à quelques dizaines d’euros, une balance de cuisine, une sonde d’humidité, une feuille de relevé. Un site équipé peut le reproduire seul, et nous le fournissons à ceux qui le demandent. Ce qui demande un peu de méthode, c’est le recalage des sondes d’humidité par pesée et la lecture des courbes, pas le matériel.

Les gestes de saison, pour un composteur d’entreprise comme pour un bac de jardin

  • Remplir avant le froid. Un composteur au moins à moitié plein en novembre garde sa chaleur ; un composteur vidé en octobre repart difficilement.
  • Monter le ratio de matière sèche dès que les nuits passent sous 5 °C, et le tenir jusqu’en mars. C’est le geste qui évite le compost noyé de février.
  • Brasser une fois par semaine, brièvement, couvercle fermé si le composteur le permet. Ne pas brasser un compost gelé en surface.
  • Fermer. Couvercle, portes, bioseaux : la pluie et la neige fondue sont l’ennemi de l’hiver, pas le gel.
  • Continuer les apports. Un compost qu’on cesse de nourrir refroidit ; les épluchures, le marc et le pain sont le carburant. Modérer seulement les gros volumes de fruits gorgés d’eau.
  • Ne pas vider. Le compost mûr du fond peut attendre le printemps ; le rythme de collecte suit le gisement réel, qui baisse souvent en hiver.
  • Vérifier au toucher. Une poignée tiède au centre, sèche sans s’effriter, sans odeur : tout va bien. Froide et mouillée : matière sèche et brassage, dès cette semaine.

Sur nos sites, ces gestes ne reposent pas seulement sur la mémoire de l’équipe : la consigne d’hiver est rappelée par le suivi à l’entrée de la saison, la matière sèche est réapprovisionnée en conséquence, et le remplissage et le brassage sont vérifiés avant les premiers gels. La maintenance d’un composteur professionnel détaille le calendrier annuel.

Le froid n’est qu’une des raisons pour lesquelles un compost ne chauffe pas : l’article sur le compost qui ne démarre pas passe les cinq causes en revue, et celui sur le brassage explique pourquoi il faut brasser moins souvent en hiver.

Questions fréquentes

Le compost s’arrête-t-il en hiver ?

Il ralentit dans la couche extérieure mais continue au cœur tant que la réaction est active, parce qu’un compost produit sa propre chaleur. Ce qui l’arrête, c’est un excès d’eau, une masse trop petite ou des apports interrompus, pas la température de l’air en elle-même.

Peut-on mettre des biodéchets au compost quand il gèle ?

Oui, et il le faut : les apports nourrissent la réaction qui chauffe. Il faut seulement augmenter la part de matière sèche, parce que l’évaporation ne compense plus l’eau des biodéchets, et couvrir chaque apport.

Faut-il brasser le compost en hiver ?

Une fois par semaine, brièvement, couvercle fermé si possible. Un brassage relance un compost qui travaille ; un brassage trop fréquent disperse la chaleur d’un compost déjà froid. On ne brasse pas un compost gelé en surface, on attend qu’il reprenne par le centre.

Pourquoi mon compost sent mauvais en hiver ?

Pour la même raison qu’en été, trop d’eau et pas assez d’air, aggravée par la pluie qui entre dans un bac ouvert et par l’évaporation quasi nulle. Un compost d’hiver qui sent l’œuf pourri est noyé, pas gelé : matière sèche en quantité et brassage jusqu’au fond.

Un composteur d’entreprise fonctionne-t-il dehors l’hiver ?

Oui, à condition d’être fermé, suffisamment rempli, alimenté en matière sèche majorée et brassé chaque semaine. Une cuve en acier de 450 litres à moitié pleine garde son cœur chaud par sa masse. Les seuils exacts restent à mesurer sonde par sonde, selon le protocole décrit dans l’article.

À quelle température le compost redémarre-t-il au printemps ?

Dès que le cœur repasse durablement au-dessus de 10 à 15 °C, les bactéries mésophiles reprennent et la montée en température suit en quelques jours, surtout après un brassage. Un compost tenu sec et nourri tout l’hiver repart en mars ; un compost noyé en novembre repart en avril, après avoir été corrigé.

Par où commencer

Si vous avez un composteur, appliquez les sept gestes de saison dès les premières nuits sous 5 °C : le ratio de matière sèche et la fermeture font l’essentiel. Si vous voulez savoir ce qui se passe réellement dans le vôtre, le protocole ci-dessus se reproduit avec quatre enregistreurs de température et une balance.

Pour un site professionnel, le compostage en entreprise explique comment la matière sèche de saison et la formation des équipes tiennent ces conditions, et le devis en ligne dimensionne le composteur à votre gisement.

Un audit gratuit, un devis sous 24 h

Trente minutes en visio pour vérifier votre conformité AGEC, dimensionner la solution et estimer vos économies.

Vous préférez qu’on vous rappelle ?

Vous compostez vos biodéchets.
Et vos mégots ?

Zones fumeurs, terrasses, parvis : Easy to Change collecte et recycle les mégots de votre site, avec la même méthode que vos biodéchets. On installe, on passe, on rend compte.

  • Un cendrier fermé à l’entrée, pas un mégot de plus au sol
  • Un seul contrat et un seul tarif, sur tous vos établissements
  • Le même interlocuteur régional que pour vos biodéchets
Découvrir Easy to Change Une société du groupe Easy To