Compostage sur site easy to compost easy to change Recyclage des mégots
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La liste de ce qui se composte, et de ce qui ne se composte pas

Le tableau de tri complet, famille par famille, les cas limites tranchés et le cadre légal qui rend cette liste obligatoire en entreprise.

Gros plan sur deux couches superposées dans un composteur : de la matière sèche claire faite de brins végétaux, posée sur une couche brune déjà décomposée.

Ce qui se composte, la réponse courte

Se compostent : les épluchures et les restes de fruits et légumes crus ou cuits, le marc de café avec son filtre, les sachets de thé en papier, les coquilles d'œufs concassées, le pain et les féculents, les fleurs fanées, les essuie-tout souillés d'alimentaire, le carton brun non imprimé et le broyat de bois. Ne se compostent jamais : les plastiques sous toutes leurs formes, y compris les sacs et couverts vendus comme « compostables », le verre, le métal, la céramique, les mégots, les couches et les lingettes, les litières et les déjections, les médicaments et les produits chimiques. Entre les deux se trouve une zone grise qui ne dépend pas de votre bonne volonté mais de votre matériel : agrumes, viande, poisson, produits laitiers, coques de fruits secs. Un bac de jardin ouvert les refuse, une cuve close professionnelle en accepte l'essentiel.

La raison est toujours la même. Le compostage est un procédé aérobie : bactéries, champignons puis vers consomment la matière en respirant de l'oxygène. Trois variables commandent. Le rapport carbone sur azote, à tenir autour de 25 à 30 pour 1 : les épluchures et les restes de repas apportent l'azote, le carton, le broyat et les feuilles mortes apportent le carbone. L'oxygène, que le brassage renouvelle. L'humidité, celle d'une éponge essorée. Un déchet est refusé quand il casse l'une des trois, quand aucun micro-organisme ne sait le digérer, ou quand il présente un risque sanitaire. Le détail des phases et des températures du cycle explique pourquoi la montée en chaleur des premières semaines change ce que la matière peut encaisser.

À retenir

Trois listes, pas deux. Une verte, une rouge, et entre elles une orange qui dépend du composteur employé plutôt que du déchet.

Le carbone est le maillon manquant. Un site tertiaire ne produit presque que de l'azote. Sans apport sec régulier, la meilleure liste verte finit en jus.

« Compostable » n'est pas une consigne de tri. La mention renvoie à une norme industrielle qui suppose 60 °C en continu, jamais atteints sur site.

Le tableau de tri, famille par famille

Ce tableau sert à construire la signalétique de nos points de tri. Il vaut pour un composteur installé sur site et alimenté par des bureaux, une cafétéria ou une cuisine d'hôtel ou de restaurant, pas pour une plateforme industrielle. Le verdict se lit à trois niveaux : « Oui » sans condition, « Avec réserve » quand la quantité ou le matériel commande, « Jamais » sans exception. La colonne de droite donne la raison : une consigne sans motif ne tient pas trois mois dans une salle de pause.

Ce qui se composte et ce qui ne se composte pas, dans un composteur de site alimenté par une cuisine ou une salle de pause
Déchet ou familleVerdictPourquoi, et à quelle condition
Épluchures et restes de fruits et légumes, crus ou cuitsOuiLa base du gisement de tout site. Riches en azote, dégradées en quelques semaines.
Marc de café et filtre papierOuiAzote et granulométrie fine. Le filtre apporte le carbone. Les dosettes aluminium ou plastique sont à retirer.
Sachets de thé et d'infusionOuiEn papier seulement, agrafe enlevée. Les sachets dits « soie » sont un polymère.
Coquilles d'œufsOuiConcassées, sinon elles traversent le cycle intactes. Apport de calcium et de structure.
Pain, pâtes, riz, féculents cuitsOuiRépartis dans le flux, jamais en bloc compact qui moisit en surface.
Fleurs fanées, plantes vertes, terreau de jardinièreOuiHors plantes malades ou traitées récemment, qui transportent pathogènes ou résidus jusqu'à la parcelle.
Essuie-tout et serviettes en papierOuiS'ils ont servi à de l'alimentaire. Imbibés de produit d'entretien, ils deviennent un refus.
Carton brun non imprimé, boîtes à œufsOuiDéchiré en morceaux. Source de carbone gratuite et disponible dans tous les locaux.
Broyat de bois, feuilles mortes, tailles de haieOuiLe carbone qui manque presque toujours sur un site tertiaire. Fourni avec l'abonnement.
AgrumesAvec réserveAcides et à peau épaisse. Le problème est la quantité d'un coup, pas l'agrume.
Viande, poisson, os finsAvec réserveRefusés dans un bac ouvert : odeurs et rongeurs. Acceptés dans une cuve close à cheminée d’aération.
Produits laitiers, croûtes de fromageAvec réservePetites quantités, toujours recouvertes de matière sèche.
Noyaux, coques de noix, peaux d'avocat et d'ananasAvec réserveLignifiés : 2 à 5 ans sans concassage, quand le reste est traité en quelques mois.
Cendres de bois non traitéAvec réserveTrès alcalines. Une poignée occasionnelle au maximum, jamais un seau.
Sacs, couverts et barquettes « compostables » EN 13432JamaisNorme calibrée pour le compostage industriel à 60 °C en continu, jamais atteint sur site.
Gobelets et boîtes en « carton » pelliculésJamaisFilm de polyéthylène invisible à l'œil, qui se fragmente en microplastiques.
Plastiques, verre, métal, céramiqueJamaisAucun micro-organisme ne les dégrade. Ils ressortent tels quels et sont retirés à la main.
Mégots, couches, lingettes, masquesJamaisFibres synthétiques et résidus chimiques, dont des métaux lourds pour les mégots.
Litières, déjections animales, excrémentsJamaisRisque sanitaire. Hors du cadre d'un composteur de site.
Huiles de friture, graisses de bac dégraisseurJamaisElles enrobent la matière et coupent l'accès à l'oxygène.
Bois traité, sciure vernie, palettes, végétaux phytosanitairesJamaisRésidus de traitement qui suivent la matière jusqu'à la parcelle agricole.
Médicaments, peintures, solvants, produits d'entretienJamaisBiocides : ils stérilisent le milieu qu'on cherche justement à faire vivre.

Les lignes « Avec réserve » sont les seules qui bougent d'un site à l'autre. Elles se tranchent à l'installation, selon le composteur retenu et le gisement réel : les consignes propres à un composteur professionnel ne sont pas celles d'un bac partagé de quartier.

Les quatre cas qui font hésiter

Les agrumes. Ils sont compostables, contrairement à ce qu'on lit souvent. Leur acidité et leurs huiles essentielles ne gênent qu'en masse : une caisse d'oranges pressées vidée d'un coup fait chuter le pH local et bloque la dégradation plusieurs jours. Étalés dans le flux et recouverts de matière sèche, ils ne posent aucun problème. La consigne utile n'est pas « pas d'agrumes » mais « pas d'agrumes en bloc ».

La viande, le poisson et les produits laitiers. Ici le matériel décide seul. Riches en protéines et en graisses, ces matières attirent rongeurs et mouches et fermentent en anaérobie dans un bac ouvert posé sur la terre ; dans une cuve close, elles se dégradent normalement. Le comparatif des composteurs face aux rongeurs montre que la variable n'est ni la marque ni le volume, mais la construction : épaisseur de paroi, fond fermé, tenue du couvercle, nature du sol.

Les emballages « compostables ». Sacs en amidon de maïs, couverts en PLA, barquettes EN 13432 : cette norme vise le compostage industriel, à 60 °C maintenus et sous brassage permanent. Aucun composteur de site ne tient ces conditions, et l'objet ressort entier des mois plus tard ou se fragmente sans être digéré. Même verdict pour les gobelets et boîtes en « carton », dont la plupart portent un film de polyéthylène invisible à l'œil.

Les noyaux, coques et peaux coriaces. Noyaux d'avocat ou de pêche, coques de noix, peaux d'ananas : organiques, donc compostables au sens strict, mais lignifiés. Comptez 2 à 5 ans pour un noyau entier quand le reste de la cuve est traité en quelques mois. Ils ressortent visibles au vidage et donnent l'impression d'un composteur en panne. Concassez-les ou écartez-les.

Ce qu'un composteur professionnel change à la liste

L'écart entre la liste verte d'un bac de jardin et celle d'un composteur d'entreprise ne tient pas à des consignes plus laxistes : il tient à la construction. Le composteur ABC est une cuve en acier de 2 mm, de 450 litres, conçue et fabriquée dans notre atelier picard. Fond fermé et continu, couvercle plein, pose sur surface dure : cette configuration retire aux rongeurs l'essentiel de ce qu'ils cherchent, ce qu'un bac à lattes posé sur la terre ne fait pas.

Deuxième différence, l'aération. Une cheminée d’aération brevetée traverse la cuve et entretient la circulation d'air en continu ; un brassage mécanique actionné à la main reprend la matière. Rien ne se branche : ni électricité, ni eau, ni évacuation, ni génie civil. Ce n'est pas un composteur électromécanique, terme qui désigne les déshydrateurs électrifiés vendus par d'autres. C'est cette aération continue qui autorise les protéines animales et qui évite le basculement en fermentation, à l'origine des odeurs : les causes réelles des odeurs en entreprise tiennent presque toujours à un excès d'azote non compensé, pas à un déchet isolé.

Troisième différence, la matière sèche est fournie et livrée avec l'abonnement. Enfin, ce qui sort de la cuve après quelques mois n'est pas un compost mûr et normalisé : c'est un précompost, enlevé lors d'un passage, hygiénisé dans un atelier partenaire, puis épandu chez un agriculteur situé à moins de 50 km du site. Le parcours complet de la matière sortante détaille cette étape.

Un bioseau vert de tri des biodéchets posé sur une table de salle de pause, sous une affiche de sensibilisation au compostage, avec un autocollant de consignes de tri collé sur son couvercle.
La liste ne se joue pas devant le composteur, elle se joue devant le bioseau. Une consigne collée sur le couvercle porte plus loin qu'une note de service.

Ce que la loi vous oblige à trier

La loi ne publie pas de liste d'aliments. Elle impose une séparation. Depuis le 1er janvier 2024, l'article L. 541-21-1 du code de l'environnement oblige tous les producteurs et détenteurs de biodéchets à les trier à la source, sans aucun seuil de tonnage : la dernière marche, qui visait les producteurs de plus de 5 tonnes par an, a disparu à cette date. C'est la loi 2020-105 du 10 février 2020, dite loi AGEC, qui a organisé cette suppression progressive. La définition du biodéchet figure à l'article L. 541-1-1 : déchets non dangereux biodégradables de jardin ou de parc, et déchets alimentaires ou de cuisine des ménages, bureaux, restaurants, cantines, traiteurs et commerces.

Autrement dit, la liste verte ci-dessus n'est pas une préférence de jardinier : c'est la matérialisation d'une obligation. Trois sanctions existent, et seulement trois. La contravention de 4e classe prévue à l'article R. 541-78 vaut 750 € pour une personne physique, portés à 3 750 € pour une entreprise (article 131-41 du code pénal). L'article L. 541-3 permet au maire de prononcer une amende administrative pouvant atteindre 150 000 €. L'article L. 541-46 prévoit, au pénal, 150 000 € d'amende et 4 ans d'emprisonnement, peines portées à ce niveau par la loi 2024-364. Un composteur de site reste par ailleurs très en deçà du seuil de déclaration de la rubrique ICPE 2780, fixé à 2 tonnes par jour. Le guide complet de la loi AGEC reprend chaque texte avec son article et sa date.

La checklist du point de tri

Une liste de tri ne vaut que si elle est lisible depuis l'endroit où l'on jette. Voici ce qui se vérifie à chaque installation, et ce que vous pouvez auditer vous-même sur un point de tri existant.

  • Une consigne « oui / non » affichée à hauteur d'yeux, au-dessus du bioseau et non sur le composteur, qui est souvent à 30 mètres de là.
  • Des pictogrammes plutôt que du texte seul, pour les équipes dont le français n'est pas la langue maternelle.
  • Un bioseau par point de production réel : machine à café, plonge, découpe, salle de pause. Un seul seau central fait chuter le taux de captation.
  • Une réserve de matière sèche au même endroit, avec la règle affichée : une poignée par seau vidé.
  • Aucun sac plastique, et pas de sac « compostable » non plus. Le bioseau se vide puis se rince.
  • Les trois refus les plus fréquents nommés explicitement : gobelets pelliculés, sacs compostables, dosettes de café.
  • Un référent identifié par site, et son remplaçant, plutôt qu'une consigne adressée à tout le monde.
  • La consigne reprise dans l'accueil des nouveaux arrivants et des intérimaires.
  • Un contrôle visuel du contenu une fois par mois, avec relevé écrit des indésirables trouvés.
  • Le prestataire de nettoyage informé et formé : c'est lui qui vide les corbeilles le soir.

Le dernier point est celui qu'on oublie le plus souvent. L'embarquement des équipes échoue plus fréquemment sur la sous-traitance du nettoyage que sur les salariés eux-mêmes.

Ce que la liste change sur votre facture

Le tri détermine le tonnage réellement capté, et le tonnage détermine le prix. Un composteur ABC est loué 79 € HT par mois : le matériel, la matière sèche réapprovisionnée, la maintenance pièces et main-d'œuvre, le kit d'affiches et de stickers, et la formation des équipes en visioconférence. Quatre choses restent en dehors de ce loyer, autant les connaître avant de signer : la pose sur site, puisque le composteur arrive prêt à l'emploi et que deux personnes suffisent à le déposer ; la sensibilisation en présentiel ; le reporting du tonnage détourné ; et la collecte. Il n'y a pas d'achat, uniquement de la location, sur un engagement de 48 mois, et le composteur peut rester seul si vous gérez vous-même la matière sortante. La collecte est une option facturée 10 € HT par mois, par passage annuel et par composteur, de 1 à 12 passages par an ; c'est elle qui apporte le reporting, puisque la matière se pèse au moment de l'enlèvement. Le nombre de passages ne se choisit pas : il découle du gisement.

Prenons un siège tertiaire de 250 personnes présentes un jour normal, avec un coin café mais sans restaurant d'entreprise. La méthode de calcul du gisement applique 0,015 kg par personne et par jour, majoré de moitié par la présence du coin café, sur 220 jours ouvrés, puis retient 70 % de ce théorique parce qu'une part des repas se prend dehors et que le tri n'est jamais parfait.

Le calcul
  • Personnes présentes un jour normal 250
  • Ratio tertiaire avec coin café, 0,015 × 1,5 0,0225 kg/personne/jour
  • Sur 220 jours ouvrés 1 237 kg/an théoriques
  • Part réellement captée, 70 % 866 kg/an
  • Passages de collecte, selon la grille 6 par an
  • Loyer du composteur ABC 79 € HT/mois
  • Option collecte, 6 × 10 € 60 € HT/mois

Mensualité, loyer et collecte139 € HT

Soit 1 668 € HT sur l'année, collecte comprise. Deux effets de bord. Si les gobelets pelliculés de la machine à café partent dans le bioseau, ils gonflent le volume sans ajouter un gramme de matière compostable et il faudra les retirer à la main au vidage. À l'inverse, franchir 1 500 kg par an fait passer le site à deux composteurs, et c'est la marche la plus coûteuse du barème : le loyer double, de 79 à 158 € HT par mois, tandis que la collecte est relue sur la grille à deux composteurs, où le prix par passage double mais le nombre de passages retombe. Concrètement, un site à 1 500 kg paie 199 € HT par mois et un site à 1 600 kg en paie 278 : au passage du seuil, le coût au kilo remonte, il ne baisse pas. Il y a donc un intérêt direct à connaître son gisement avant de s'équiper. Au-delà de 3 000 kg par an, le compostage sur site cesse d'être la bonne réponse.

Questions fréquentes

Le marc de café et les filtres se compostent-ils ?

Oui, sans restriction. Le marc est riche en azote et sa granulométrie fine se dégrade vite, le filtre en papier apporte le carbone qui l'accompagne. Retirez en revanche les dosettes en aluminium ou en plastique : seule la poudre qu'elles contiennent est compostable.

Peut-on mettre de la viande et du poisson au compost ?

Cela dépend du composteur. Dans un bac de jardin ouvert, non : les protéines animales attirent les rongeurs et fermentent en anaérobie. Dans une cuve en acier close à fond fermé et couvercle plein, traversée par une cheminée d’aération comme le composteur ABC, oui, en quantités réparties et recouvertes de matière sèche.

Les sacs et gobelets « compostables » vont-ils dans le composteur ?

Non. La norme EN 13432 certifie une dégradation en compostage industriel, à 60 °C maintenus et sous brassage permanent. Un composteur de site ne tient pas ces conditions : ces emballages ressortent entiers au vidage ou se fragmentent sans être digérés.

Faut-il concasser les coquilles d'œufs et écarter les noyaux ?

Oui pour les coquilles : entières, elles traversent le cycle intactes et restent visibles dans la matière sortante. Les noyaux et les coques de fruits secs sont lignifiés et demandent 2 à 5 ans pour disparaître, mieux vaut les concasser ou les écarter.

Que devient la matière une fois sortie du composteur ?

Après quelques mois, elle est enlevée lors d'un passage, hygiénisée dans un atelier partenaire, puis épandue chez un agriculteur situé à moins de 50 km du site. Ce n'est pas un compost mûr et normalisé : c'est un précompost qui termine sa maturation dans la filière.

Par où commencer cette semaine

Trois gestes, dans cet ordre. Imprimez le tableau ci-dessus et collez-le au-dessus du bioseau. Ouvrez ensuite la poubelle ordinaire d'un étage et notez ce qui aurait dû partir au compost, puis faites l'inverse dans le bioseau : ce relevé de dix minutes vaut mieux que n'importe quelle estimation. Estimez enfin votre gisement, parce que c'est lui qui commande tout le reste, du nombre de composteurs au nombre de passages de collecte.

Le devis en ligne fait ce dernier calcul en deux minutes, sans inscription : vous entrez votre secteur et vos effectifs, il applique les mêmes ratios que ceux utilisés plus haut et affiche la mensualité. Pour comprendre d'abord le déroulé d'une installation, la page qui décrit le service étape par étape répond dans l'ordre chronologique.

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