Papier journal au compost : oui, déchiré, et sans le papier glacé
Le journal d’hier est une source de carbone qui manque à la plupart des composts de cuisine. Trois questions le suivent : les encres, le papier glacé, la quantité.

Oui, et c’est utile
Le papier journal est de la cellulose avec un rapport carbone/azote de 150 à 200, sans enduit, imprimé avec des encres à base d’huiles végétales ou minérales et de pigments qui ne contiennent plus de plomb ni de métaux lourds depuis longtemps. Déchiré en bandes ou froissé, il aère un compost trop humide et lui apporte le carbone qui lui manque. En bloc, il fait une galette compacte qui reste entière pendant des mois. C’est le même comportement que le carton, en plus fin.
Journaux, papier kraft, enveloppes sans fenêtre, papier de bureau non glacé : au compost en bandes, mélangés aux déchets humides. Magazines glacés, papier photo, tickets de caisse : non.
Ce qu’il faut éviter
Le papier glacé des magazines et des prospectus est enduit de kaolin et de liants, parfois de plastique : il ne se décompose pas bien et laisse des résidus. Le papier thermique des tickets de caisse et de certains reçus contient du bisphénol A ou S dans son revêtement, qu’on ne veut pas dans un compost de potager. Le papier cadeau métallisé, le papier plastifié, le papier autocollant sont à écarter. Les enveloppes avec fenêtre se compostent une fois la fenêtre retirée. Le papier de bureau blanc se composte, il est simplement blanchi et sans intérêt nutritif ; il est plus utile au recyclage.
Compost ou bac de recyclage
Le papier journal a une filière de recyclage efficace, et un journal recyclé redevient du papier. Le composter n’a d’intérêt que pour ce qu’il apporte au compost : du carbone et de la structure, à un moment où l’on en manque. La règle raisonnable est de recycler par défaut, et de garder un stock de journaux pour les périodes où le compost est trop humide ou pour tapisser le fond du bioseau, où une feuille absorbe les jus et facilite le vidage.
Au bureau et en restauration
Le papier journal déchiré est une matière brune de dépannage, pas une matière sèche de compostage professionnel. Il absorbe, mais il ne structure pas assez et se tasse en masse. Sur les sites que nous équipons, la matière sèche livrée avec la formule combine un structurant qui aère et un absorbant qui assèche, ce qu’aucun papier ne fait seul ; l’article sur la matière sèche explique cette différence. Le papier de bureau, lui, va au recyclage sans exception.
Questions fréquentes
Les encres du journal sont-elles toxiques pour le compost ?
Non. Les encres de presse actuelles sont à base d’huiles végétales ou minérales, sans métaux lourds. Elles se dégradent au compost.
Le papier imprimé en couleur se composte-t-il ?
Oui, s’il est sur papier journal. C’est le papier glacé des magazines qui pose problème, pas la couleur.
Peut-on composter du papier de bureau ?
Oui, en petite quantité et déchiré. Mais il est plus utile au recyclage, et un papier blanc n’apporte rien de plus qu’un journal.
Les tickets de caisse vont-ils au compost ?
Non. Le papier thermique contient des bisphénols dans son revêtement. Ils vont à la poubelle, pas au recyclage non plus.
Par où commencer
Journal, carton, essuie-tout : la cellulose sous trois formes, avec des usages différents. La fiche carton et la fiche essuie-tout complètent celle-ci, et le tableau de A à Z tranche pour chaque papier.
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