Compostage sur site easy to compost easy to change Recyclage des mégots
Ressource

Plateforme de compostage : comment ça marche, et quand le compostage sur site est l’alternative

Andains, retournement, criblage, normes : le parcours d’un biodéchet d’entreprise jusqu’à la plateforme, ce que l’entrée coûte, et la question que personne ne pose : faut-il vraiment y aller ?

Compost mûr, brun et fibreux, tenu dans une main gantée : le produit final d’une plateforme comme d’un composteur sur site

Ce qu’est une plateforme de compostage

Une plateforme de compostage est une installation industrielle qui reçoit des déchets organiques, biodéchets alimentaires, déchets verts, boues ou effluents d’élevage, et les transforme en compost par fermentation aérobie contrôlée, à l’échelle de plusieurs milliers de tonnes par an. C’est une installation classée pour la protection de l’environnement, sous la rubrique 2780 de la nomenclature ICPE, soumise à déclaration à partir de 2 tonnes de matière traitée par jour, à enregistrement puis à autorisation au-delà. Elle vend son compost, normé, aux agriculteurs, aux paysagistes et aux collectivités.

Le mot recouvre des réalités très différentes. La plateforme de déchets verts d’une intercommunalité, à ciel ouvert, ne reçoit que tontes et tailles et fonctionne avec un chargeur et un broyeur. La plateforme de co-compostage mélange déchets verts et biodéchets alimentaires, ou boues d’épuration, et demande une aire étanche, un traitement des jus et souvent une couverture. L’unité de compostage en bâtiment fermé, avec ventilation forcée et traitement de l’air, est celle qui accepte les biodéchets de restauration et de commerce en quantité, parce qu’elle maîtrise les odeurs et l’hygiénisation. C’est cette dernière qui intéresse une entreprise cherchant un exutoire pour sa collecte séparée.

À retenir

Une plateforme de compostage n’est pas un lieu où l’on dépose ses biodéchets soi-même. On y accède par un collecteur, qui paie une redevance à la tonne à l’entrée. Pour une entreprise, la plateforme est donc la fin du parcours de la collecte séparée, pas une solution en soi.

Le procédé : réception, mélange, fermentation, maturation, criblage

La réception. Chaque apport est pesé, contrôlé et enregistré : origine, nature, poids. Les biodéchets alimentaires arrivent en bacs ou en bennes, souvent encore emballés quand ils viennent de la distribution, et passent alors par un déconditionneur qui sépare la matière organique des plastiques. C’est l’étape la plus coûteuse et la plus sale du procédé, et la raison pour laquelle les plateformes demandent aux collecteurs des biodéchets propres.

Le mélange. Les biodéchets alimentaires, humides et riches en azote, sont mélangés à un structurant carboné, broyat de déchets verts ou de bois, dans un rapport qui vise un rapport carbone sur azote proche de 25 à 30. Sans structurant, la masse se tasse, l’air ne circule plus et la fermentation devient anaérobie : odeurs, jus, méthane. C’est exactement le rôle que joue la matière sèche dans un composteur sur site, à une autre échelle.

La fermentation. Le mélange est disposé en andains, longs tas de deux à trois mètres de haut, ou en casiers ventilés. La température monte à 55 ou 70 °C en quelques jours : c’est la phase thermophile, qui détruit les germes pathogènes et les graines d’adventices. La réglementation impose, pour l’hygiénisation, de maintenir la matière au-dessus de 55 °C pendant plusieurs jours, avec retournement. Les andains sont retournés au chargeur ou au retourneur, une à plusieurs fois par semaine, pendant quatre à huit semaines. Le cycle du compostage détaille ces phases.

La maturation. La température redescend, la matière brunit, les champignons et la microfaune prennent le relais des bactéries. Deux à quatre mois, souvent plus en hiver. Le criblage termine le procédé : un tamis rotatif sépare le compost fin, prêt à la vente, des refus, morceaux de bois non décomposés qui repartent en structurant, et des indésirables, plastiques et verre, qui partent en élimination. Le compost est analysé, puis vendu ou cédé sous la norme NF U 44-051, qui fixe des teneurs limites en métaux lourds, en impuretés et en germes.

Combien il y en a en France, et où

La France compte plusieurs centaines de plateformes de compostage, selon le périmètre retenu : l’ADEME en dénombre environ six cents à sept cents si l’on inclut les plateformes de déchets verts, et une centaine seulement capables de traiter des biodéchets alimentaires en quantité, avec déconditionnement et hygiénisation. Ce second chiffre est celui qui compte pour une entreprise, et il explique pourquoi les distances de transport sont si variables : en Île-de-France, dans les Hauts-de-France ou en Bretagne, l’exutoire est à moins de cinquante kilomètres ; dans une partie du Massif central ou du Sud-Est, il peut être à plus de cent.

La carte se lit dans les plans régionaux. Chaque région a dû, dans son plan régional de prévention et de gestion des déchets, recenser ses installations et planifier les capacités nécessaires à la généralisation du tri à la source. Plusieurs de ces plans reconnaissent un déficit d’exutoires pour les biodéchets alimentaires, et c’est ce déficit qui a poussé les collectivités et les industriels à ouvrir de nouvelles unités depuis 2022, le plus souvent en méthanisation plutôt qu’en compostage, parce que le biogaz se vend mieux que le compost. Le panorama des filières de méthanisation complète le tableau.

Ce que coûte l’entrée en plateforme

Une plateforme facture au collecteur une redevance à la tonne entrante, appelée coût de traitement ou « gate fee ». Pour des déchets verts, elle se situe entre 30 et 60 € la tonne. Pour des biodéchets alimentaires propres, en vrac, entre 60 et 120 € la tonne. Pour des biodéchets emballés qui passent par le déconditionnement, de 120 à plus de 200 € la tonne. Ces fourchettes varient d’une région à l’autre selon la rareté des exutoires, et elles ne comprennent ni la collecte, ni le transport, ni la TGAP quand elle s’applique.

C’est ce qui rend la lecture d’un devis de collecte difficile. Sur un contrat hebdomadaire pour un restaurant, le traitement en plateforme pèse rarement plus de 10 à 15 % du prix ; le reste est le camion, le chauffeur, les kilomètres et la rotation des bacs. Autrement dit, ce que vous payez à un collecteur, c’est surtout la logistique qui mène à la plateforme, pas la plateforme. Le prix de la collecte des biodéchets en entreprise décompose cette facture, et la logistique d’une tournée de collecte montre ce que coûte chaque kilomètre.

Le calcul
  • Restaurant de 60 couverts par jour, 300 jours : gisement 1 350 kg par an
  • Traitement en plateforme, biodéchets propres, 90 € la tonne 122 € HT par an
  • Collecte hebdomadaire d’un bac de 120 L, 52 passages, prix courant du marché 1 500 à 2 500 € HT par an

Part du traitement en plateforme dans la facture totale5 à 8 %

Plateforme, méthaniseur, compostage sur site : le tableau

Trois destinations existent pour un biodéchet d’entreprise. Elles ne s’opposent pas, elles se répartissent selon le gisement et le lieu. Le tableau ci-dessous les compare sur ce qui compte pour un site : la quantité à partir de laquelle elles ont un sens, la logistique qu’elles imposent, ce qu’elles produisent et ce qu’elles coûtent.

Trois voies de valorisation des biodéchets d’entreprise, comparées.
CritèrePlateforme de compostageMéthaniseurCompostage sur site
Gisement pertinentAu-delà de 3 tonnes par an, via un collecteurAu-delà de 5 à 10 tonnes par an, ou sites industrielsJusqu’à 1 500 kg par an et par composteur, plusieurs machines au-delà
LogistiqueCollecte hebdomadaire ou bi-hebdomadaire, bacs, transport vers l’exutoireIdem, souvent plus loinAucun transport de matière fraîche ; 1 à 12 enlèvements de compost par an
Ce qui sortCompost normé, vendu ou cédéBiogaz et digestatCompost, utilisé sur place ou épandu chez un agriculteur voisin
Contrainte réglementaire pour le siteAucune, portée par le collecteur et la plateformeAucuneAucune sous 2 tonnes par jour (rubrique 2780)
Coût pour un site de 1 350 kg par an1 500 à 2 500 € HT par an, collecte compriseComparable, souvent plus79 € HT par mois, plus 10 € par passage annuel
Ce qu’il faut sur placeUn local de stockage frais et lavableIdemL’emprise d’une palette en zone de service

La comparaison environnementale est plus nuancée que le coût. L’analyse de cycle de vie compostage contre méthanisation et le comparatif méthaniseur contre compostage sur site montrent que le transport et les émissions de stockage pèsent lourd dans le bilan de la collecte, et que le compostage sur site les supprime, au prix d’un compost qui n’est pas normé et d’un volume traité limité.

Quand la plateforme est le bon choix, et quand elle ne l’est pas

La plateforme est le bon choix quand le gisement dépasse ce qu’un ou deux composteurs absorbent, à partir de trois tonnes par an, c’est-à-dire une cuisine centrale, un hypermarché, une industrie agroalimentaire, une grosse restauration collective. Elle l’est aussi quand le site n’a aucun espace extérieur ni zone de service, ou quand la collectivité a déjà organisé une collecte séparée des professionnels vers sa propre plateforme, à un tarif que le marché ne peut pas battre. Dans ces cas, la question n’est pas la plateforme mais le collecteur, sa fréquence et ses justificatifs, ce que le guide de la collecte des biodéchets en entreprise traite.

Elle ne l’est pas pour la majorité des sites tertiaires, des commerces de proximité, des restaurants indépendants, des hôtels et des établissements de santé de taille moyenne, qui produisent entre 200 et 1 500 kg par an. Pour eux, envoyer un camion chaque semaine chercher trente kilos de matière vers une plateforme à quarante kilomètres coûte cher, émet plus qu’il ne valorise, et impose un stockage que personne ne veut. Le compostage en entreprise, sur site, dans un composteur fermé, remplit la même obligation légale, avec un justificatif à chaque enlèvement de compost, pour une fraction du prix. Nous nommons les collecteurs et plateformes avec qui nous travaillons : les deux voies sont complémentaires, et c’est le gisement qui tranche.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une plateforme de compostage ?

Une installation industrielle classée ICPE (rubrique 2780) qui transforme des déchets organiques, biodéchets alimentaires, déchets verts, boues, en compost par fermentation aérobie contrôlée, à l’échelle de milliers de tonnes par an. Le compost produit est normé (NF U 44-051) et vendu aux agriculteurs, paysagistes et collectivités.

Une entreprise peut-elle apporter ses biodéchets directement en plateforme ?

En général non. Les plateformes reçoivent les apports de collecteurs professionnels et de collectivités, pesés et enregistrés, et facturent une redevance à la tonne. Pour une entreprise, la plateforme est la destination d’un contrat de collecte séparée, pas un point d’apport volontaire.

Combien coûte le traitement en plateforme de compostage ?

De 30 à 60 € la tonne pour des déchets verts, 60 à 120 € pour des biodéchets alimentaires propres, 120 à plus de 200 € pour des biodéchets emballés à déconditionner, selon les régions. Dans la facture d’un contrat de collecte, ce traitement pèse rarement plus de 10 à 15 % : l’essentiel est la logistique.

Quelle différence entre plateforme de compostage et méthaniseur ?

La plateforme composte en présence d’air et produit du compost. Le méthaniseur digère la matière sans air et produit du biogaz et un digestat. Les deux acceptent les biodéchets d’entreprise via un collecteur ; la méthanisation s’est davantage développée depuis 2022 parce que le biogaz se vend mieux que le compost.

Un composteur d’entreprise est-il une plateforme de compostage ?

Non. Un composteur sur site traite jusqu’à 1 500 kg par an, très en dessous du seuil de déclaration ICPE de 2 tonnes par jour. Il ne relève d’aucune réglementation d’installation classée et son compost est utilisé sur place ou épandu chez un agriculteur voisin, sans passer par le marché du compost normé.

Combien de plateformes de compostage en France ?

Environ six à sept cents en comptant les plateformes de déchets verts, mais une centaine seulement traite des biodéchets alimentaires en quantité, avec déconditionnement et hygiénisation. C’est ce qui explique les distances de transport très variables selon les régions, documentées dans les plans régionaux de gestion des déchets.

Par où commencer

Avant de chercher une plateforme, chiffrez votre gisement : la méthode de calcul donne une estimation en dix minutes à partir de vos couverts, de votre effectif ou de vos rayons. Au-dessus de trois tonnes par an, comparez les collecteurs sur leur exutoire, leur fréquence et leurs justificatifs. En dessous, la plateforme n’est probablement pas votre sujet.

Le devis en ligne fait ce calcul et affiche ce que coûterait le compostage sur site pour votre gisement, enlèvements de compost compris. Si vous préférez en parler, l’audit gratuit compare les deux voies avec vos chiffres.

Un audit gratuit, un devis sous 24 h

Trente minutes en visio pour vérifier votre conformité AGEC, dimensionner la solution et estimer vos économies.

Vous préférez qu’on vous rappelle ?

Vous compostez vos biodéchets.
Et vos mégots ?

Zones fumeurs, terrasses, parvis : Easy to Change collecte et recycle les mégots de votre site, avec la même méthode que vos biodéchets. On installe, on passe, on rend compte.

  • Un cendrier fermé à l’entrée, pas un mégot de plus au sol
  • Un seul contrat et un seul tarif, sur tous vos établissements
  • Le même interlocuteur régional que pour vos biodéchets
Découvrir Easy to Change Une société du groupe Easy To