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PRPGD : les 13 plans régionaux de prévention et de gestion des déchets comparés

Les 13 PRPGD comparés dans un tableau : ce que le plan de votre région change vraiment pour vos biodéchets, et l'obligation nationale qui, elle, ne varie pas.

Qu'est-ce qu'un PRPGD ?

Le Plan régional de prévention et de gestion des déchets planifie, à l'échelle d'une région, la prévention, la collecte et le traitement de tous les déchets produits sur son territoire. Adopté par le conseil régional, il s'impose aux documents d'urbanisme et aux dossiers d'installations classées, mais il ne crée aucune obligation nouvelle pour votre entreprise : la vôtre vient de l'article L. 541-21-1 du Code de l'environnement, applicable à tous les producteurs depuis le 1er janvier 2024, sans seuil de tonnage, et identique à Lille, à Marseille et à Bordeaux. Le PRPGD sert à autre chose : il indique les exutoires autour de votre site, le calendrier que suit votre intercommunalité et les appuis régionaux mobilisables. Cette page compare les 13 plans métropolitains et ce qu'un responsable de site peut en tirer.

À retenir

Le PRPGD ne fixe pas votre obligation, il décrit votre terrain de jeu. Deux sites identiques en Occitanie et en Normandie sont tenus par le même article, au même jour, mais n'ont ni les mêmes exutoires à 20 km, ni le même calendrier d'intercommunalité, ni les mêmes appuis mobilisables. C'est ce décalage, et lui seul, que la lecture du plan vous apporte.

Le plan couvre tous les flux : déchets ménagers et assimilés, déchets d'activités économiques, déchets du bâtiment, déchets dangereux. Son contenu est cadré par l'article L. 541-13 du Code de l'environnement : état des lieux de la production et des installations, prospective à 6 et 12 ans, objectifs chiffrés de prévention et de valorisation, planification des installations à créer, volet consacré au tri à la source des biodéchets. Son opposabilité est réelle mais indirecte pour un exploitant : l'article L. 541-15 impose que les décisions prises en matière de déchets par les personnes morales de droit public et leurs concessionnaires soient compatibles avec le plan, les SCoT doivent l'être avec les règles régionales qui le portent, et un dossier d'autorisation d'installation classée doit démontrer sa cohérence avec lui. Pour un site producteur de biodéchets, la portée est surtout documentaire : le plan sert de référence commune face à la DREAL, à l'ARS ou à la collectivité. Notre article sur les contrôles ICPE et biodéchets détaille ce qu'un inspecteur regarde vraiment.

Ce que le PRPGD change (et ne change pas) pour un site

Les exutoires et le calendrier local. Chaque plan cartographie les plateformes de compostage, les méthaniseurs et les centres de tri, existants et à créer, et fixe aux collectivités des jalons de déploiement du tri à la source. C'est l'information la plus opérationnelle du document : un site à 15 km d'une plateforme n'a pas le même arbitrage qu'un site à 90 km, où le traitement sur place reprend l'avantage. Le panorama des filières de méthanisation donne les ordres de grandeur de maillage. Attention toutefois, l'obligation de l'article L. 541-21-1 ne se suspend pas en attendant que votre intercommunalité soit prête.

La grille de lecture des services de l'État et le réseau local. Les objectifs du plan servent de repère lors des contrôles et de l'instruction des dossiers, et le document nomme les syndicats, plateformes et structures d'accompagnement du territoire : c'est la façon la plus rapide d'identifier un débouché agricole pour le compost produit, sujet traité dans notre article sur la valorisation locale des biodéchets. Les sanctions, elles, restent nationales : voir les sanctions applicables au défaut de tri.

Le piège, c'est l'aide régionale. La plupart des dispositifs cités dans les PRPGD sont des subventions à l'investissement : ils financent l'achat d'un équipement. En location, il n'y a pas de dépense d'investissement à subventionner. Chez Easy to Compost, le composteur ne s'achète pas, il se loue : 79 € HT par mois, composteur livré, matière sèche, maintenance, sensibilisation compris ; le reporting vient avec l’option collecte, comme détaillé sur la page du composteur seul. Avant d'inscrire une aide régionale dans un budget, vérifiez qu'elle couvre une prestation de service et pas seulement un achat de matériel. Les aides à l'étude, au diagnostic ou à l'accompagnement s'appliquent plus souvent.

Cadre juridique : loi NOTRe, L. 541-13 et volet biodéchets

La compétence de planification des déchets appartient aux Régions depuis la loi NOTRe n° 2015-991 du 7 août 2015, qui a remplacé les anciens plans départementaux par un document unique par région ; le décret n° 2016-811 du 17 juin 2016 en précise les modalités d'élaboration et de révision. Un point pratique fait perdre du temps à la plupart des lecteurs : dans onze régions sur treize, le contenu du plan a été intégré au SRADDET, le schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires, et c'est donc dans ce document qu'il faut aller chercher le volet déchets. Seules l'Île-de-France, qui n'a pas de SRADDET, et la Corse, dont la planification est adossée au PADDUC, conservent un plan déchets autonome. Les objectifs déclinés par les plans, eux, viennent du niveau national : la loi de transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015 a inscrit à l'article L. 541-1 du Code de l'environnement la réduction de 10 % des déchets ménagers et assimilés produits par habitant et l'objectif de 65 % de valorisation matière des déchets non dangereux non inertes en 2025. La loi AGEC n° 2020-105 du 10 février 2020 a ensuite généralisé le tri à la source des biodéchets, ce qui a conduit les régions à étoffer ce volet.

Pour un producteur de biodéchets, un seul article compte vraiment. L'article L. 541-21-1 impose depuis le 1er janvier 2024 de trier à la source et de valoriser ses biodéchets, sans seuil de tonnage, quel que soit le secteur. Le biodéchet est défini à l'article L. 541-1-1 : déchets non dangereux biodégradables de jardin ou de parc, déchets alimentaires ou de cuisine, y compris ceux des bureaux, des restaurants, du commerce de détail et de l'industrie agroalimentaire. Les sanctions ne figurent pas dans le PRPGD mais dans le Code de l'environnement : contravention de 4e classe de 750 € pour une personne physique, portés à 3 750 € pour une entreprise par l'article 131-41 du code pénal (article R. 541-78), amende administrative pouvant atteindre 150 000 € prononcée par le maire au titre de l'article L. 541-3, jusqu'à 150 000 € d'amende et 4 ans d'emprisonnement au pénal (article L. 541-46, montants portés à ce niveau par la loi n° 2024-364). Le détail figure dans notre guide de la loi AGEC.

Les 13 PRPGD métropolitains en un tableau

Ce tableau ne remplace pas la lecture du plan de votre région : il sert à situer votre territoire en quelques secondes, puis à savoir quoi y chercher. La colonne « programme régional » indique le cadre de transition écologique dans lequel les moyens sont le plus souvent logés.

Les 13 régions métropolitaines et leur plan de gestion des déchets. Populations INSEE arrondies, plans adoptés pour la plupart en 2019.
RégionPopulationProgramme régional à connaîtreEnjeu biodéchets dominantCouverture Easy to Compost
Île-de-France12,3 MDispositifs régionaux d'économie circulaire, appels à projets ADEME-RégionRestauration, distribution, marchés ; foncier rareOui
Auvergne-Rhône-Alpes8,1 MPlan régional d'économie circulaireAgroalimentaire, restauration, viticultureOui
Nouvelle-Aquitaine6,1 MNéo TerraViticulture, tourisme littoral, débouché agricoleOui
Occitanie6,1 MGreen New Deal régionalLittoral touristique, viticulture, maraîchageOui
Hauts-de-France6,0 Mrev3Agroalimentaire, logistique, sites industrielsOui
Grand Est5,5 MClimaxion (ADEME-Région)Marcs de raisin, méthanisation agricoleOui
Provence-Alpes-Côte d'Azur5,1 MUne COP d'avanceHôtellerie-restauration, saisonnalité estivaleOui
Pays de la Loire3,9 MDispositifs régionaux de transition écologiqueAgroalimentaire, maraîchage, viticultureOui
Bretagne3,4 MBreizh COPPremière région agroalimentaire, retour au solOui
Normandie3,3 MDispositifs régionaux de transition écologiqueIndustrie et chimie de l'axe Seine, filière laitièreOui
Bourgogne-Franche-Comté2,8 MDispositifs régionaux de transition écologiqueViticulture, territoires ruraux étendusOui
Centre-Val de Loire2,6 MPlan climat régionalCéréales, tourisme du Val de Loire, tissu disperséOui
Corse0,35 MPlan territorial articulé au PADDUCAutonomie insulaire, saisonnalité extrêmeNon

Un avertissement sur ce tableau : les intitulés et les montants des dispositifs d'aide changent d'une année sur l'autre, et la seule source fiable reste la fiche en vigueur sur le site de votre conseil régional et celui de la direction régionale de l'ADEME. Notre couverture, elle, s'arrête à la France métropolitaine hors Corse, soit 12 régions, chacune avec son interlocuteur, et plus de 500 sites équipés, comme le montre la page nos implantations. En Europe de l'Ouest, nous déployons le matériel, la maintenance et la matière sèche, mais pas la collecte, qui reste à organiser localement.

Carte de France couverte de repères rouges marquant les sites équipés par Easy to Compost, denses en Île-de-France, sur l'axe rhodanien et le littoral méditerranéen, absents de la Corse

Quatre situations régionales qui changent l'arbitrage

La densité urbaine, en Île-de-France. La région concentre près d'un habitant de France métropolitaine sur cinq, et son plan est le plus fourni en installations ; le Syctom, premier syndicat de traitement des déchets ménagers de France, structure une grande partie de l'agglomération. La question n'y est presque jamais « où traiter » mais « où poser » : c'est là que le format compte, avec un composteur ABC de 450 litres en acier de 2 mm qui tient sur une emprise réduite, sans électricité, sans eau, sans évacuation ni génie civil.

La chaleur et la saison, en PACA et en Occitanie littorale. La population effective gonfle fortement en juillet et en août, la chaleur estivale accélère la fermentation dans un bac fermé, et la collecte espacée devient délicate tant que la matière n'est pas stabilisée sur place. Le plan climat régional « Une COP d'avance », adopté en 2017, sert de cadre aux moyens de la Région Sud. Pour un hôtel ou un restaurant, l'enjeu est plus organisationnel que réglementaire : voir la page hôtellerie et restauration et le guide du compostage en hôtellerie.

Les volumes industriels, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Hauts-de-France. Ces deux régions concentrent les industries alimentaires et la logistique, la première autour de son plan d'économie circulaire, la seconde autour de rev3, la démarche de troisième révolution industrielle lancée en 2013. Les gisements y dépassent souvent ce qu'un traitement sur place peut absorber et l'arbitrage bascule vers une filière de collecte dimensionnée, comme l'explique la page industrie et logistique. C'est aussi notre terrain d'origine : le siège d'Easy to Compost est au 17 boulevard de Strasbourg à Arras, et les composteurs sont conçus et fabriqués dans notre atelier picard.

Les distances, en Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire et Occitanie rurale. Peu d'installations, des sites dispersés : les schémas de collecte fréquente y perdent vite leur intérêt économique. C'est typiquement là que la collecte basse fréquence comparée à la collecte hebdomadaire change l'équation, et où le débouché agricole local prend toute sa valeur : le retour au sol est un axe affiché des cadres régionaux de transition, de Néo Terra en Nouvelle-Aquitaine à la Breizh COP en Bretagne ou Climaxion dans le Grand Est, mais chacun a ses propres dispositifs, à vérifier fiche en main avant d'en attendre quoi que ce soit.

La Corse, le seul cas où nous n'intervenons pas

La Corse est à part à deux titres. Son document de planification est articulé au PADDUC, le plan d'aménagement et de développement durable de la Corse, et depuis 2018 la Collectivité de Corse exerce seule les compétences de l'ancienne région et des deux départements ; le SYVADEC, syndicat de valorisation des déchets de l'île, porte l'essentiel du traitement. La contrainte structurante est l'autonomie : exporter vers le continent coûte cher et pèse lourd en carbone, l'île doit donc traiter localement, avec une population qui se démultiplie l'été. Notre couverture étant la France métropolitaine hors Corse, un site insulaire devra se tourner vers les acteurs référencés par le plan territorial.

Chiffrer votre site avant de lire le plan

Le PRPGD raisonne en centaines de milliers de tonnes, votre site en kilos par semaine. Avant d'ouvrir le plan, posez votre gisement : c'est lui qui détermine la solution, le plan ne fera qu'affiner le choix de l'exutoire. La méthode tient en trois données, avec les ratios publiés par l'ADEME.

Le calcul
  • Collaborateurs présents sur le site 420
  • Jours de présence moyens par an 220
  • Ratio ADEME bureaux avec petit-déjeuner, par personne et par jour 0,025 kg
  • Gisement annuel (420 × 220 × 0,025) 2 310 kg
  • Capacité d'un composteur ABC 1 500 kg par an

Solution dimensionnée2 composteurs

Les seuils se retiennent facilement. Un composteur ABC absorbe jusqu'à 1 500 kg par an. Entre 1 500 et 3 000 kg, on ajoute un second composteur, soit 158 € HT par mois dans l'exemple ci-dessus. Au-delà de 3 000 kg par an, le compostage sur site n'est plus la bonne réponse et il faut basculer sur une filière de collecte dimensionnée. Si vous préférez que la matière quitte le site, la collecte reste une option, facturée 10 € HT par mois, par passage annuel et par composteur, de 1 à 12 collectes par an : sur un composteur, quatre passages ajoutent 40 € HT mensuels, soit 119 € HT tout compris. Il n'y a pas d'achat, uniquement la location, sur un engagement de 48 mois. Les autres ratios sectoriels, 0,075 kg par repas en restauration collective ou 0,140 kg par lit et par jour en établissement de santé, figurent dans la méthode de calcul du gisement.

Lire le PRPGD de sa région en 30 minutes

Le document fait souvent plusieurs centaines de pages. Voici l'ordre de lecture qui donne le plus de matière utile en une demi-heure, et les pièces à garder dans votre dossier de conformité.

  • Télécharger le plan, ou le volet déchets du SRADDET dans les onze régions qui l'y ont intégré, sur le site du conseil régional, rubrique environnement ou économie circulaire, et vérifier s'il fait l'objet d'une révision en cours.
  • Ouvrir directement le volet biodéchets et noter l'objectif chiffré ainsi que son échéance.
  • Repérer dans la cartographie les installations de valorisation situées à moins de 50 km du site, et leur nature : compostage, méthanisation, ou les deux.
  • Identifier l'EPCI ou le syndicat compétent sur votre commune, et le calendrier de tri à la source qu'il annonce pour les professionnels.
  • Vérifier auprès de la Région et de la direction régionale de l'ADEME les dispositifs ouverts aux entreprises, en distinguant l'aide à l'investissement de l'aide à l'étude ou à l'accompagnement.
  • Comparer les objectifs affichés à votre gisement réel, calculé et non estimé au jugé.
  • Archiver le PDF daté du plan avec votre contrat, vos justificatifs de valorisation et votre registre des déchets.

Questions fréquentes

Le PRPGD s'impose-t-il à mon entreprise ?

Non, pas directement. Il s'impose aux collectivités, qui doivent rendre compatibles leurs documents d'urbanisme et de planification, et il sert de référence à l'instruction des dossiers d'installations classées. Une entreprise productrice de biodéchets est tenue par l'article L. 541-21-1 du Code de l'environnement, pas par le plan régional.

Où trouver le PRPGD de ma région ?

Sur le site du conseil régional, rubrique environnement, déchets ou économie circulaire. Dans onze régions sur treize, il forme le volet déchets du SRADDET et se télécharge avec lui ; l'Île-de-France et la Corse gardent un document distinct. Le plan est publié avec ses annexes cartographiques et son évaluation environnementale, et les observatoires régionaux des déchets publient les données de suivi entre deux révisions.

Le PRPGD peut-il m'obliger à composter sur site ?

Non. La loi impose de trier à la source et de valoriser, elle ne prescrit pas le mode de valorisation. Composter sur place ou faire collecter séparément sont deux réponses également conformes, à condition de prouver la valorisation effective. Le choix relève de votre gisement, de la place disponible et de la distance à l'exutoire.

Une aide régionale peut-elle financer mon composteur ?

Cela dépend du dispositif. Beaucoup d'aides régionales financent une dépense d'investissement et ne trouvent donc pas à s'appliquer sur une location, puisqu'il n'y a pas d'achat. Les aides à l'étude, au diagnostic ou à la sensibilisation sont plus souvent mobilisables : faites vérifier l'éligibilité par le service économie circulaire de votre Région avant de l'inscrire dans un budget.

Par où commencer

Dans l'ordre : chiffrez votre gisement, choisissez le mode de valorisation, puis ouvrez le plan de votre région pour affiner l'exutoire et repérer les appuis locaux. L'inverse fait perdre du temps, car un plan régional ne vous dira jamais combien de kilos vous produisez. Notre devis en ligne fait le premier pas : il estime votre volume annuel à partir de vos effectifs et de votre activité, indique le nombre de composteurs nécessaires et affiche le tarif, avec ou sans collecte. Comptez trois minutes, sans inscription.

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